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Français du monde. Le risk management fait sa révolution à Singapour

Les nouvelles menaces qui pèsent sur les entreprises ont changé de visage. Au sein d'un groupe d'assitance, un Français de Singapour adapte ses compétences. 

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Franck Baron : \"Ce qui est nouveau, c\'est la rapidité du changement\"
Franck Baron : "Ce qui est nouveau, c'est la rapidité du changement" (Photo Emmanuel Langlois)

Terrorisme, catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, tensions géopolitiques exacerbées, épidémies et virus, cybercriminalité… Les nouvelles menaces qui pèsent sur les entreprises ont changé de visage, témoigne le Bordelais Franck Baron, chef du département "risk management" au sein du groupe d'assistance International SOS à Singapour.  

Ce n'est pas le service le plus étoffé, six personnes en tout, mais c'est un maillon essentiel de la société, et en permanence sur le qui-vive. Le risk management, c'est un peu l'airbag d'une entreprise face aux risques de toute nature qui pèsent sur elle et ses collaborateurs. "Ce qui est nouveau, c'est la rapidité du changement, témoigne Franck Baron, chef du département risk management pour International SOS à Singapour, diplômé de Sciences Po Bordeaux. La palette des risques est de plus en plus large. Par exemple, on s'est rendu compte ces dernières années que des villes que l'on pensait sûres comme Londres, Paris, Bruxelles ou Berlin, pouvaient être aussi touchées par des attentats terroristes".

Anticiper le rique pour prendre les bonnes décisions

Le Français travaille depuis 2011 pour le groupe dont le métier lui-même est l'assistance. International SOS revendique 11 000 clients parmi lesquels les fleurons de Wall Street ou du CAC 40, des ONG, l'armée américaine ou des gouvernements. "Tous les jours, on leur envoie de l'information pour leur dire "voilà ce qui est en train de se passer à tel endroit", pour qu'ils puissent prendre les bonnes décisions, explique Franck Baron. Et quand on ne peut pas prévoir l'intensité d'un événement, comme le récent typhon à Hong Kong, au moins on peut s'y préparer et traiter le risque de la bonne manière, jusqu'à l'évacuation ou le rapatriement". 

Depuis quelques années, la lutte contre la cybercriminalité est devenue l'une des priorités d'International SOS : "C'est l'un de nos plus grands risques en interne, reconnaît le Français. Cela peut toucher la réputation de la société ou d'une marque, voire la désorganiser complètement. Mon job, c'est de mettre en place tous les outils pour que les décideurs choisissent : "Est-ce que je veux traiter ce risque ? Le garder, le diminuer, le prévenir ?..." 

Franck Baron devant la carte des pays à risques mis à jour en temps réel par International SOS : \"Mon job, c\'est de mettre en place tous les outils pour que les décideurs choisissent\"
Franck Baron devant la carte des pays à risques mis à jour en temps réel par International SOS : "Mon job, c'est de mettre en place tous les outils pour que les décideurs choisissent" (Photo Emmanuel Langlois)

Plaque tournante en Asie

Depuis sa création en 1985 par deux Français (Arnaud Vaissié et le médecin Pascal Rey-Herme), International SOS n'a cessé de grandir : "Les nouveaux clients, ce sont des ETI (entreprises de taille intermédiaire, ndlr) qui prennent pied à l'étranger et se retrouvent confrontées à ces nouveaux risques terroristes, sanitaires comme les épidémies d'Ebola ou de Zika, ou liés au bouleversement climatique alors qu'ils n'étaient pas du tout dans leurs radars auparavant".

Le groupe est désormais présent dans 90 pays. Il est installé depuis ses débuts à Singapour, plaque tournante de toute la zone Asie. "Les gens ont ici une vision radicalement différente de ce qu'est le travail, témoigne Franck Baron. C'est une notion qu'on respecte et totalement intégrée dans la vie personnelle et familiale. Ce n'est pas un problème de travailler beaucoup. Les magasins sont d'ailleurs ouverts 7 jours sur 7 et jusqu'à des heures indues". 

Après une carrière en Suisse et aux États-Unis (Axa, Danone, Mars…), le Français a aussi créé à Singapour "Parima", l'association professionnelle des risk managers, qui compte aujourd'hui 2 000 membres dans toute l'Asie. Marié, père de trois enfants, Franck Baron partage sa vie entre Singapour et Bordeaux, où son épouse est rentrée. Leur aînée s'est lancée dans un Master en… risk management. Les chiens ne font pas des chats !

Lui écrire franck.baron@internationalsos.com

Aller plus loin

Sa société  International SOS

Parima, la première communauté de risk managers en Asie - Pacifique

Retrouvez cette chronique dans le magazine et sur le site internet de la mobilité internationale Journal des Français à l'étranger.fr

Franck Baron : \"Ce qui est nouveau, c\'est la rapidité du changement\"
Franck Baron : "Ce qui est nouveau, c'est la rapidité du changement" (Photo Emmanuel Langlois)