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Emploi : mythes et réalités sur l'eldorado chinois

Il y a encore 15 ans, la Chine était une terre promise pour l'emploi. Tout était à faire, à construire, à développer. L’Occident venait avec ses compétences, sa main d'œuvre qualifiée, transférait ses technologies. La Chine accueillait, achetait, apprenait. Mais aujourd'hui ?

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Entretien avec Christina Gierse, rédactrice-en-chef du site vivre à l'étranger.com du groupe Studyrama, avec Education First, plus grand organisme privé d'enseignement linguistique au monde.

-Quelle est la situation actuelle du marché de l'emploi en Chine ?

-Le taux de chômage officiel frôle les 7% mais il s'agit d'un ratio sous-évalué selon les experts, dont Dominique Soule, sinologue et directrice de Prepasia qui nous explique que " Le chômage augmente même parmi les diplômés, ce qui inquiète le gouvernement chinois. Le gouvernement a décrété que les postes vacants devaient être attribués en priorité à des nationaux. Obtenir un visa de travail est devenu difficile. ".

-Est-ce qu'il reste des secteurs dans lesquels les Français peuvent apporter quelque chose ?

-Oui, typiquement dans des secteurs comme l'aéronautique, l'énergie, la gastronomie et bien sûr le luxe. Un dicton chinois ne dit-il pas : " Ce qui n'est pas cher n'est pas bon " ? On a donc nos chances. S'ils partagent leur goût pour les bonnes et belles choses, Français et Chinois diffèrent sur un point : leur vision du réseau, comme l'explique Angela Xu, responsable du développement et du recrutement pour les écoles de langues Education First, en Chine.

-En quoi ce réseau est-il différent du nôtre ?

-Vous avez demandé ce que les Français pouvaient " apporter " : cette question est centrale car elle est la clef d'une relation réussie avec les Chinois. On donne avant de recevoir, et le réseau est là pour servir vos intérêts et ceux de vos proches. Rien n'est gratuit. Pour preuve, bénévolat et vie associative ne sont que peu développés en Chine. Une approche qui peut heurter l'Occidental individualiste qui cherche à être aimé " pour lui-même ".

-Comment expliquer cela ?

-La sinologue Dominique Soule émet l'hypothèse que cela pourrait venir de la culture paysanne : lorsqu'un agriculteur décidait de mettre sa rizière en eau, il devait se mettre d'accord avec tous ses voisins afin que l'opération se fasse simultanément, sous peine de perdre sa récolte. Le Chinois a depuis toujours l'habitude de s'appuyer sur le groupe.

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Retrouvez cette chronique sur vivre à l'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama

Education First, plus grand organisme privé d'enseignement linguistique au monde avec 16 filiales et organisations non lucratives axées sur l'apprentissage, les voyages éducatifs, les échanges culturels et les programmes académiques

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