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Expliquez-nous... Le sauvetage en mer

Alors que trois sauveteurs de la SNSM sont morts vendredi dernier en portant secours à un chalutier, focus de franceinfo sur la façon dont est organisé le sauvetage en mer

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Un bateau de la SNSM, au large de Calais, le 25 janvier 2019
Un bateau de la SNSM, au large de Calais, le 25 janvier 2019 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

La recherche et le sauvetage en mer sont coordonnés, dans les zones sous responsabilité française, par les CROSS : Les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage.

Les CROSS

Parmi leurs missions, les CROSS reçoivent les alertes de détresse (entre autres celles transmises par le 196, le numéro des urgences maritimes), décident, sous l’autorité des préfets maritimes, des moyens à envoyer et dirigent et coordonnent les opérations de sauvetage -en moyenne 10.000 opérations de sauvetage par an. Les trois quarts concernent les activités de loisirs -plaisance / loisirs nautiques- un quart les activités professionnelles (navires de commerce et de pêche).

Les moyens d'intervention

Les CROSS peuvent faire appel à tous les moyens relevant des services de l’Etat jugés les plus appropriés et rattachés aux ministères chargés de la défense, de la sécurité civile, des douanes et de la mer. C’est ce que prévoit la section consacrée au sauvetage en mer du code de la sécurité intérieure. Ils peuvent aussi avoir recours aux moyens d’intervention des organismes de sauvetage agréés par l’Etat, essentiellement la SNSM : la société nationale de sauvetage en mer.

L'organisation de la SNSM

La Société nationale de sauvetage en mer a été créée en 1967. C’est une association de loi 1901. Sa vocation est de secourir toute personne en danger en mer et sur les côtes, sur les plages –les fameux nageurs sauveteurs- en France métropolitaine et en Outre-mer. Elle repose exclusivement sur le bénévolat. La SNSM est reconnue d’utilité publique depuis 1970. Elle regroupe 8000 bénévoles et a porté secours l’an dernier à 30 000 personnes dont 9000 en mer.

Les bénévoles sont constitués d’abord de 4000 sauveteurs embarqués, premier maillon de la chaine des secours qui peuvent être apportés aux personnes en péril en mer. Ils sont répartis sur 214 stations de sauvetage. Chaque équipe est sous la responsabilité d’un « patron », un marin expérimenté. Les sauveteurs interviennent, dans le quart d’heure qui suit une alerte des CROSS, 24 heures sur 24, 365 jours par an et jusqu’à 20 milles nautiques des côtés (environ 37 kms).

La SNSM, ce sont aussi 1900 nageurs sauveteurs, formés par l’association, mis à la disposition des maires pour surveiller les baignades dans une zone de 300 mètres à partir du littoral. Ils sont présents dans 148 communes. 

Un équilibre financier fragile

L'association est essentiellement financée par des dons. Les ressources proviennent à 80% de fonds privés. Le reste vient des collectivités territoriales et d'une subvention de l'Etat, qui a augmenté depuis l'an dernier. Elle est passée à six millions d'euros par an, dans un contexte de besoins croissants, du fait notamment de la flotte à renouveler et des besoins de formation et d'équipements des sauveteurs. Les dépenses de la SNSM s’élevaient en 2017 à près de 31 millions d’euros, hors investissements.


Le secrétaire d'Etat à la transition écologique avait annoncé l'été dernier que la fiscalité des futures éoliennes maritimes, prévues pour 2021, alimenterait à terme les financements de la SNSM, à hauteur de 2 millions d'euros.

Un bateau de la SNSM, au large de Calais, le 25 janvier 2019
Un bateau de la SNSM, au large de Calais, le 25 janvier 2019 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)