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Expliquez-nous… le PKK

Ce weekend, la Turquie a lancé une attaque aérienne sur Daech et a aussi visé par surprise les bases arrière du PKK en Irak du Nord. France Info vous explique ce qu'est le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

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(Le drapeau du PKK et le portrait de son leader emprisonné Abdullah Ocalan © Reuters-Murad Sezer)

Le PKK, le parti des travailleurs kurdes, a été créé en 1978 par un groupe d'étudiants. Objectif : la reconnaissance du Kurdistan. Pour bien comprendre, il faut visualiser une carte. Le Kurdistan, c'est une zone montagneuse à cheval sur plusieurs pays : la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak. Le PKK a été fondé en Turquie par Abdullah Öcalan. Dès 1984 les partisans du PKK prennent les armes.

 

Le parti se présente comme un parti de guerilla. Au départ, les combattants du PKK sont surtout financés par la Syrie, et sont entraînés dans les camps de l'OLP, l'organisation de libération de la Palestine. De nombreux pays, dont la Turquie, les Etats-Unis, la France et l'Allemagne le considèrent comme une organisation terroriste. Dans les années 80 et 90, il y a eu de très nombreuses actions du PKK et une répression sanglante de la Turquie. 50.000 morts en tout.

Que demande le PKK aujourd'hui ?

Depuis 1993 et le 1er cessez-le-feu, l'histoire entre le PKK et la Turquie est une succession de trêves rompues par des agressions mutuelles. La dernière, celle de 2013 était la première a être reconnue tacitement par la Turquie.

 

Le PKK n'est plus indépendantiste mais veut une autonomie des régions kurdes. Il est toujours dirigé par son fondateur, Abdullah Öcalan, bien qu'il soit emprisonné depuis 1999 dans l'île-prison d'Imarli, au nord-ouest de la Turquie. Il fait passer ses directives par l'intermédiaire de ses avocats. Le PKK l'a toujours suivi et ses partisans réclament aujourd'hui sa libération.

Pourquoi la Turquie a-t-elle attaqué le PKK en Irak ?

Le PKK est présent dans différents pays. Il a crée des partis affiliés chargés de développer des zones kurdes comme au nord de l'Irak où le Kurdistan est une région autonome reconnue.

En lançant une offensive contre l'Etat islamique tout en visant des positions du PKK en Irak ce weekend, la Turquie fait deux choses : elle donne des gages à la communtauté internationale dans la lutte contre le terrorisme et d'après les spécialistes que nous avons interrogé, elle montre aussi qu'elle n'a pas changé de priorité. Son objectif reste celui de combattre le PKK qui pose problème à l’intérieur de ses frontières.

En effet les tensions repartent à la hausse depuis les élections de juin. Il y a eu une certaine rhétorique anti-kurde lors de la campagne électorale. La veille de l’élection, il y a également eu un attentat lors d'un meeting du parti pro-Kurde HDP qui soutient le PKK. Le HDP a fait une entrée historique de masse dans le Parlement turc, ce qui oblige le président Erdogan à organiser des élections anticipées en septembre car il n'a pas réussi à former de gouvernement de coalition.

Le PKK et la Syrie

Dernier point sur la Syrie. La Turquie a bombardé ce lundi matin un village syrien contrôlé par les forces kurdes. En Syrie, le parti affilié au PKK est le PYD. Il est chargé de développer une zone kurde au nord de la Syrie. La Turquie voit cela d'un mauvais oeil car elle ne veut pas que ce groupe donne de nouvelles idées séparatistes aux Kurdes de Turquie.

Ankara souhaite la mise en place d'une zone tampon au nord de la Syrie. Une zone qui serait sous mandat de l'ONU. Officiellement, elle servirait à accueillir les deux millions de réfugiés syriens qui vivent actuellement dans des camps. Et dans le même temps, cela permet à la Turquie de mettre à bas les prétentions du PYD.

(Le drapeau du PKK et le portrait de son leader emprisonné Abdullah Ocalan © Reuters-Murad Sezer)