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Expliquez-nous... le Panama

VIDEO | Dans l'histoire de la presse, c'est la plus grande fuite de documents concernant l'évasion fiscale. 106 médias internationaux, dont Le Monde pour la France, ont travaillé ensemble dans cette enquête appelée "Panama Papers". Les journalistes ont eu accès à plus de 11 millions de documents d'un cabinet du Panama. Expliquez-nous... le Panama !

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La République du Panama est un petit état d'Amerique Centrale, coincée entre la Colombie et le Costa Rica. C'est une étroite bande de terre, entre deux continents, qui s’étire sur 725 km d’est en ouest, et dont la largeur ne dépasse pas 190 km. Le canal qui traverse le pays depuis 1914 du Nord au Sud, entre l'océan Atlantique et le Pacifique, a fait sa réputation.

Soixantième rang pour le développement humain

Ce pays compte 4 millions d’habitants. Le Panama, classé au 60ème rang de l'indice de développement humain des Nations Unies, est une démocratie dotée d’un régime présidentiel : le Président et le Vice-président sont élus au suffrage universel direct, pour un mandat de 5 ans. Les Panaméens ont élu en 2014 Juan Carlos Varela, un homme politqiue de centre droit.

Sur le terrain économique, le pays se porte plutôt bien. L’économie du Panama repose sur trois piliers : une immense zone franche, un Centre Bancaire international qui compte plus d'une centaine de banques, ainsi que les services maritimes : canal et infrastructures portuaires. Le pays affiche une forte croissance et une situation de quasi plein-emploi, même si un habitant sur quatre vit encore sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

Le Panama, un paradis fiscal ?

Rappelons ce qui caractérise un paradis fiscal : il s'agit d'un état dans lequel des étrangers placent leur argent pour ne pas être imposés dans leur pays d'origine. Les paradis fiscaux associent donc fiscalité avantageuse, secret bancaire et -géneralement- absence de coopération judiciaire. Et le Panama est régulièrement classé dans les listes de paradis fiscaux (ce que l’on appelle aussi pudiquement les états "non coopératifs").

Le Panama, lui, se revendique "grand centre financier international", champion de la domiciliation de sociétés offshore. En 2015, sous la pression, le Panama s’était pourtant engagé à l’échange automatique de données bancaires entre Etats. Cela lui avait permis de figurer sur la liste officielle de l'OCDE des pays prêts à la transparence. Mais L’OCDE a rapidement déchanté, le Panama ne respectant pas ses engagements.

Et pourtant le pays aimerait effacer cette réputation de paradis fiscal. L'été dernier, le président Juan Carlos Varela avait affirmé que des mesures de rétorsion seraient appliquées à tout pays incluant le Panama dans une liste de paradis fiscaux... exactement comme l'a fait la Commission européenne.

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