Quand le Sénégal se met à brasser de la bière

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Deux micro-brasseries se sont lancées et proposent de la bière artisanale aux consommateurs sénégalais. Du jamais vu dans le pays.

Article rédigé par
Théa Ollivier, édité par Ariane Schwab - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le brasseur Sébastien Falchs fabrique la Gecko au Sénégal depuis 2020. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Un nouveau marché est en train d’émerger au Sénégal : celui de la bière artisanale. Plutôt habitués aux bières industrielles comme la Flag ou la Gazelle, les consommateurs sénégalais découvrent les saveurs de bières brassées dans le pays depuis que deux micro-brasseries se sont lancées.  

La petite dernière est la maison Kalao, qui s’est lancée début décembre. Pour le moment, la production est toute petite, avec seulement 1 000 bouteilles par mois. Sa particularité, c’est que tous les produits viennent du continent. Le gingembre, le riz et le mil sont sénégalais, le houblon sud-africain. L’objectif est de travailler avec l’agriculture locale et responsable. "L’idée était de créer une recette sénagalaise, de rappeler des saveurs qu’on peut trouver au Sénégal et en Afrique de l’Ouest en général", explique le brasseur franco-camerounais, Raphaël Hilarion.

"Si j’ai utilisé du riz, c’est pour avoir une bière qui soit plus légère et adaptée au climat local."

Raphaël Hilarion, brasseur

à franceinfo

Mais trouver des produits locaux reste encore très compliqué. Sébastien Falchs fabrique la Gecko depuis 2020. Il importe tout depuis la Belgique, que ce soit le houblon ou la levure, seul le processus est fait localement. Avec une production de 10 000 bouteilles par mois, il est bientôt arrivé au maximum de ses capacités. "Il y a un investissement qui est prévu, on va se développer mais on va rester dans un processus artisanal. Par contre derrière, l’embouteillage et la fermentation qui seront au niveau industriel. Là, on est bloqués. Laver les bouteilles à la main et les stériliser une par une comme on fait, ce n’est pas possible. On ne peut pas dépasser les 15 000 bouteilles. On serait à saturation."

Car le marché est prometteur explique le brasseur installé sur la petite côté, station balnéaire et touristique à 70 kilomètres au sud de Dakar.

"Nos clients, ce sont de plus en plus des Sénégalais qui la goûtent et qui l’apprécient. Mais à la base, c’était quand même tous les expatriés ou les touristes."

Sébastien Falchs, brasseur

à franceinfo

"Il y a ceux qui viennent chercher directement la bière à la brasserie. Et sinon, on diffuse beaucoup dans les bars, restaurants et maintenant sur les sites internet", précise le brasseur.

D’autres acteurs pourraient se lancer comme Victor Gondry, qui importe la Bono, une bière belge artisanale uniquement vendue au Sénégal. Il n’écarte pas l’idée de brasser localement dans l’avenir : "Faire une brasserie directement, c’est un gros investissement. On n’était pas sûrs du marché pour ce style de bière, des bières spéciales, artisanales. On se rend compte qu’il y a un marché mais qu’il reste quand même restreint pour le type de produits qu’on propose, une bière importée, de facto plus chère." Mais il ne sait pas encore si cette brasserie ouvrira ses portes au Sénégal, ou dans un autre pays de la sous-région.

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