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Pour lutter contre le Covid-19, Singapour généralise les "jetons de traçage"

Les Singapouriens qui ne souhaitent pas utiliser l'application prévue pour le traçage des cas de Covid-19 pourront utiliser ce petit objet de quelques centimètres à porter de façon visible sur soi.

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Le petit boitier de traçage utilisé à Singapour, ici lors de la présentation du dispositif le 14 septembre 2020.
Le petit boitier de traçage utilisé à Singapour, ici lors de la présentation du dispositif le 14 septembre 2020. (WALLACE WOON / EPA)

À Singapour, pour lutter contre le coronavirus Covid-19, le traçage de la population sera obligatoire à partir du mois de décembre et dès 7 ans pour entrer dans un magasin, une boutique ou bien une école. Une application est pour cela requise ou bien un jeton de traçage collectif, déjà utilisé par près de 500 000 personnes. En effet, l’application utilisée depuis mars ne remportait pas un grand succès : les jeunes la jugeaient trop gourmande en batterie et les personnes plus âgées avaient du mal à l’utiliser.

Objectif : 75% de la population tracée

Singapour a donc rapidement proposé cette alternative en espérant atteindre avec ces deux outils son objectif : que 75% de la population puisse être tracée. Ce chiffre est dans toutes les têtes à présent et a motivé Ariane Nabarro, une habitante de Singapour à s’équiper du jeton. Non seulement dans l'espoir qu'une fois ce but atteint, les réunions de plus de cinq personnes seront de nouveau autorisées, mais pas seulement. "J'ai choisi cet objet-là parce que l’application prend énormément de place sur votre téléphone, explique ainsi Ariane Nabarro. Et à chaque fois qu’on rentre dans des boutiques, on doit prendre en photo le QR code et à chaque fois qu’on en ressort, il faut faire un sign out."

Si on ne signait pas 'out', on était considéré comme étant toujours dans la place, et si jamais à un moment quelqu’un a contracté le Covid, vous êtes cas contact d'office et on vient tout de suite vous chercher pour vous coller en isolation.

Ariane Nabarro

à franceinfo

Désormais, ce petit objet ne quitte plus son sac à main. "Il fait 4 cm de large et 2 cm d'épaisseur, décrit-elle. Vous ne le voyez pas, mais quand il est activé, une petite lumière verte s'allume. Ils m’ont juste dit de mettre un signe distinctif dessus, parce que nous sommes des milliers à avoir le même."

L’application ou le jeton seront obligatoire pour entrer dans des écoles et les enfants seront également équipés. Pas tous encore, mais ceux de Yitch, un trentenaire singapourien, ont déjà le leur. Ils n’ont pourtant que 2 et 4 ans. "Derrière notre porte d’entrée, indique ce dernier, il y a un crochet aimanté, leurs jetons de traçage sont accrochés dessus et ils savent que dès qu’ils doivent quitter la maison désormais, ils doivent le prendre et le mettre autour du cou. Je leur ai expliqué qu’il y avait une pandémie et que maintenant ils devaient porter cela. Comme je leur avait expliqué qu’il fallait qu’ils portent un masque, ils n’ont pas posé de questions."

Le père de famille, qui a une formation d'ingénieur, a regardé de près les explications du gouvernement sur le fonctionnement du jeton qui n’utilise pas la géolocalisation mais un seul signal Bluetooth. Il assure n’être pas inquiet par le respect de la vie privée. Du côté des autorités, si l’objectif des 75% de personnes équipées n’est pas encore atteint, on se félicite en attendant de ne mettre plus qu’un jour et demi à retrouver tous les cas contacts d’une personne, contre quatre auparavant.  

Le petit boitier de traçage utilisé à Singapour, ici lors de la présentation du dispositif le 14 septembre 2020.
Le petit boitier de traçage utilisé à Singapour, ici lors de la présentation du dispositif le 14 septembre 2020. (WALLACE WOON / EPA)