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En Islande, un bus touristique géant pour fouler la neige d'un glacier menacé par le réchauffement climatique

Un bus géant propose aux touristes l'ascension du glacier Langjökull avec plusieurs arrêts pour poser les pieds dans la neige mais aussi toucher un patrimoine naturel menacé par le réchauffement climatique.

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Le \'\'glacier bus\'\', en Islande, le 1er octobre 2020.
Le ''glacier bus'', en Islande, le 1er octobre 2020. (HALLDOR KOLBEINS / AFP)
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En Islande, sur le deuxième plus grand glacier du pays, un bus géant emmène des touristes poser les pieds dans la neige mais aussi toucher un patrimoine naturel menacé par le réchauffement climatique. C'est tout simplement le plus grand bus du monde : les roues font déjà à elles seules deux mètres de haut et il en compte huit. Le châssis, lui, est long de 15 mètres et provient d’un ancien engin de lutte contre les incendies d’aéronefs de l’aéroport de Denver aux États-Unis. Le tout alimenté par un moteur de 850 chevaux. Forcément avec une telle puissance, la consommation n’est pas anodine : 45 litres d’essence aux 100 kilomètres mais l’impact est minime, estiment les glaciologues islandais.

À 60 km/h dans la poudreuse

Tous ces éléments permettent donc d’aller un peu plus vite sur le glacier, au maximum 60 km/h dans la poudreuse du Langjökull, deuxième plus grand glacier d’Islande, et d’y être plus confortablement installé sans être trop balancé par les mouvements du bus. Rossella Greco, une touriste italienne qui pose ses pieds sur un glacier pour la première fois, est conquise.

C’est vraiment très émouvant ! Toucher quelque chose d’aussi vieux, on se sent tellement en contact avec la terre. C’est comme voir le Colisée ou quelque chose d’aussi ancien !

Rosella Greco

à franceinfo

La glace du Langjökull n’aurait pas plus d’un demi-millénaire selon les calculs des glaciologues islandais. Un glacier qui, comme tous ceux de l’île, souffre des effets du réchauffement climatique. Il y a d’abord les signes qui ne trompent pas : le long du chemin lors de l’ascension du glacier depuis sa base, des panneaux affichant l’endroit où se trouvait la ligne de glace tous les vingt ans depuis 1940 sont disséminés sur les côtés, témoignant de son recul rapide.

''L’élévation du glacier diminue à de très nombreux endroits''

Et puis il y a ce que voit Gunnar Guðjónsson guide sur le glacier depuis deux décennies. ''L’élévation du glacier diminue à de très nombreux endroits et on voit apparaître de nouveaux nunataks, indique-t-il. Il fond à une vitesse invraisemblable. C’est incroyable.'' Les nunataks sont des pitons rocheux qui émergent au-dessus de la calotte glaciaire.

Le funeste destin du glacier semble inévitable au vu du climat dans lequel nous vivons ces 25 dernières années, d’après Þorsteinn Þorsteinsson, glaciologue à l’Institut météorologique d’Islande. ''Si cela continue de manière similaire ou même dans un climat encore plus chaud, prévient-il, il est très probable que tout le Langjökull ou peut-être 80 à 90% aura disparu d’ici la fin de ce siècle.'' En plus du réchauffement climatique, la fonte rapide des parties basses du Langjökull, orientées au sud, et sa faible altitude accélèrent son dégel. Depuis 1890 et la fin du petit âge glaciaire, 246 km2 de glace ont définitivement disparu du deuxième plus grand glacier d’Islande.

Le \'\'glacier bus\'\', en Islande, le 1er octobre 2020.
Le ''glacier bus'', en Islande, le 1er octobre 2020. (HALLDOR KOLBEINS / AFP)