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En Inde, un nouveau membre de la dynastie Nehru-Gandhi se lance en politique

La petite fille d'Indira Gandhi, Première ministre dans les années 1980, démarre une carrière en politique à 47 ans. Elle suit les pas de sa grand-mère mais aussi de nombreux membres de sa famille. 

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Priyanka Gandhi, le 17 févier 2017. 
Priyanka Gandhi, le 17 févier 2017.  (SANJAY KANOJIA / AFP)

En Inde, un nouveau membre de la dynastie Nehru-Gandhi vient de faire son entrée en politique. Priyanka Gandhi, il s'agit de la fille de la députée Sonia Gandhi et la sœur de Rahul Gandhi, le président en exercice du Parti du Congrès. Elle va diriger une section régionale de la formation familiale en vue des élections législatives de mai prochain. Il s'agit pour le Parti du Congrès d'une carte maîtresse alors que la formation politique est en perte de vitesse ces dernières années. 

Petite-fille d'une ancienne Première ministre 

Cheveux courts, nez aquilin et ligne allongée, Priyanka Gandhi rappelle à beaucoup d’Indiens sa grand-mère, Indira Gandhi, Première ministre à la poigne de fer dans les années 1980. Cette femme de 47 ans n’a joué pour l’instant que des seconds rôles dans le Parti du Congrès, en soutien à sa famille lors des campagnes. Elle explique qu’elle a voulu protéger ses deux enfants de la violence politique qu’elle a subie : son père, Rajiv et sa grand-mère Indira Gandhi ont tous deux été assassinés quand elle était jeune. Ses enfants sont maintenant adolescents et elle se jette dans l’arène, en endossant le rôle de secrétaire générale du parti en charge de l’est de l’État de l’Uttar Pradesh, où se trouve Bénarès.

Mission délicate sur les terres de Narendra Modi 

Il s'agit toutefois d'une mission difficile, car c’est dans cette ville sacrée de Bénarès qu’a été élu le Premier ministre sortant Narendra Modi, encore très populaire. Elle prend donc la responsabilité d’une zone très grande et disputée. Mais son arrivée pourrait permettre de raviver la flamme d’une formation en déroute. Ce Parti du Congrès, qui a dirigé les deux tiers des gouvernements depuis l’indépendance, a obtenu moins de 10% des sièges de l’Assemblée il y a cinq ans. Le parti mise donc sur Priyanka Gandhi qui semble assez populaire : c’est une femme de caractère au franc-parler et pleine d’empathie. Les journalistes qui l’ont rencontrée disent être épatés de voir comme elle est très rapidement acceptée par les populations rurales qu’elle rencontre. Elle possède ce charisme qui a tant réussi à sa grand-mère, Indira Gandhi, et qui est essentiel pour ce parti de centre gauche, censé représenter autant les populations pauvres, les musulmans que les hautes castes de brahmanes. Cette caste à laquelle appartient d’ailleurs la famille Nehru Gandhi.   

Une nomination critiquée

Le parti nationaliste hindou au pouvoir dénonce la tradition dynastique du Congrès, dont la direction n’est quasiment jamais sortie du giron de la famille depuis la présidence de Jawaharlal Nehru en 1951. Le mari de Priyanka Gandhi pourrait être également un poids dans la campagne. Robert Vadra est en effet soupçonné d’accaparement illégal de terres et de corruption dans de nombreuses affaires. Et les adversaires du Congrès ne se priveront pas d’utiliser cette arme pour attaquer les Gandhi pendant la campagne qui débute.   

Priyanka Gandhi, le 17 févier 2017. 
Priyanka Gandhi, le 17 févier 2017.  (SANJAY KANOJIA / AFP)