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En Espagne, un avocat spécialisé propose des divorces express grâce à la crise du Covid-19

Après le confinement, le taux de divorces explose en Espagne. Ce qui n'est pas pour déplaire à un avocat spécialisé, qui propose des divorces rapides et pas chers.

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Un couple se promène dans un parc à Madrid (Espagne), le 10 octobre 2020.
Un couple se promène dans un parc à Madrid (Espagne), le 10 octobre 2020. (GABRIEL BOUYS / AFP)

À Madrid (Espagne), des camionnettes et des camions publicitaires circulent dans les rues de la ville, utilisant l'espace des remorques pour vendre ces "divorcionetas", les "divorcionnettes" en français. Alberto García Cebrían, un avocat spécialiste du droit familial, à l'origine de ces "divorcionetas", s'est rendu compte assez rapidement que la crise sanitaire lié au Covid-19, et surtout le confinement et les mesures de restrictions allaient provoquer un boom des divorces.

Beaucoup de personnes ont appris à vraiment connaître leur conjoint lors du confinement du printemps dernier. Et cette découverte, ce n'était pas toujours le grand bonheur. "En Espagne, après le confinement du mois de mars, ça a été très dur, de nombreux couples sont arrivés à la limite, explique Alberto García Cebrían. Nos clients veulent divorcer le plus vite possible, en urgence, pour éviter qu'un deuxième confinement puisse les coincer avec le même conjoint. Leur premier confinement a été très difficile, ils ont eu des affrontements graves, ils ne veulent pas revivre cette expérience."

Des divorces jusqu'à dix fois moins chers

Pour le moment, l'Espagne n'a pas décrété de nouveau confirment général comme en France, mais de nombreuses restrictions font de fait qu'on passe plus de temps à la maison, ce qui fait paniquer certains ménages. Et les avocats s'en frottent les mains ! Chez Abogados Cebrían, cabinet qui regroupe plusieurs associés, ils proposent un service de divorce par consentement mutuel à 150 euros par conjoint, pour un total de 300 euros. C'est de deux à dix fois moins cher qu’ailleurs, assure Alberto García Cebrían, et s'il n'y a pas d'enfants de moins de 18 ans, le prix descend même à 100 euros par conjoint. Dans ce dernier cas, en Espagne, on peut divorcer chez le notaire, et là, notre avocat s'engage à le faire en 24 heures. S'il y a des enfants il faut aller devant le juge : il y en a pour plusieurs mois.

Au-delà de cette crise sanitaire, y a-t-il un vrai boom des divorces en Espagne ? Selon les chiffres officiels de la justice espagnole, si on compare le nombre de divorces entre le troisième trimestre 2020, juste après le confinement, et le troisième trimestre 2019, on observe une augmentation de 17%, c'est donc très significatif. Cette année, il pourrait y avoir ce qu'on appelle un déficit matrimonial, autrement dit, plus de divorces que de mariages !

En 2021, on peut s'attendre à une accalmie, certains couples ayant avancé avant le confinement une rupture qui se serait produite un peu plus tard. En Espagne, 60% des mariages se terminent en divorce. C'est considérable: en France, on reste autour de 45%. Autant dire que pandémie ou pas, les avocats spécialisés ont encore de beaux jours devant eux.

Un couple se promène dans un parc à Madrid (Espagne), le 10 octobre 2020.
Un couple se promène dans un parc à Madrid (Espagne), le 10 octobre 2020. (GABRIEL BOUYS / AFP)