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En direct du monde. L'Inde multiplie les signes pour attirer et rassurer les investisseurs

L'Inde progresse dans le classement 2017 de l'indice de la facilité de faire des affaires. Le pays gagne 30 places en un an et ne compte pas s'arrêter là : il vise le top 50 mondial.

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Sébastien FarcisRadio France

Mis à jour le
publié le

Des Indiens devant la bourse de New Delhi, en novembre 2016.
Des Indiens devant la bourse de New Delhi, en novembre 2016. (PRAKASH SINGH / AFP)

La banque mondiale a rendu, fin octobre, son classement annuel sur la facilité de faire des affaires dans le monde. Il prend en compte divers facteurs, comme ouvrir une filiale, payer ses taxes ou accéder au crédit, par exemple. Ces indicateurs sont observés à la loupe par les multinationales pour savoir s’il sera compliqué d’investir dans un pays. Pour l’édition 2017, un pays connaît une progression impressionnante : l’Inde. Ce territoire a grimpé de 30 places en un an, pour se hisser à la 100e position. Le gouvernement de centre-droit du pays affirme que c’est le résultat des nombreuses réformes économiques engagées.

Le paiement des impôts et taxes simplifié

Ce classement met en avant quelques points particuliers d’amélioration pour l’Inde. Le pays a notamment progressé en ce qui concerne l’ouverture d’une société, l’obtention d’un crédit ou le respect d’un contrat. L’amélioration la plus significative concerne le paiement des impôts et des taxes. Dans ce domaine, on peut parler de petites révolutions, en tout cas dans les villes de Bombay et New Delhi, qui sont prises en compte par la banque mondiale.

"Avant, pour payer nos impôts, nous devions remplir une énorme feuille et faire la queue pendant deux heures à la banque. Puis, nous revenions le soir pour récupérer le reçu", raconte Rikki Sharma, directeur d’une société de distribution de bijoux à New Delhi. "Aujourd’hui, cela prend à peine dix minutes car nous pouvons tout faire en ligne. C’est la même chose pour demander une nouvelle licence. Toutes ces procédures sont clairement devenues plus simples." Les procédures sont également moins complexes pour les entreprises étrangères. La capitale indienne a en effet réduit le nombre d’interlocuteurs quand elles veulent investir dans le pays.

Une TVA unique, facteur de progression

Face à cette progression, le gouvernement indien promet de faire encore mieux. L’Inde est désormais en milieu de tableau  Si on exclut le Bhoutan, c'est maintenant le pays le mieux classé d’Asie du Sud mais il demeure encore loin derrière la Chine ou l’Afrique du sud. Son objectif : rejoindre le top 50. L’amélioration du climat des affaires est en effet l’un des objectifs principaux du gouvernement actuel, qui fait tout pour attirer davantage d’investissements étrangers et dynamiser son secteur industriel afin de créer plus d’emplois. Dans ce contexte, le classement de la banque mondiale est une vitrine idéale.

Une mesure pourrait favoriser la progression de l’Inde : la récente mise en place d’une TVA unique. Elle a justement pour but de simplifier le système fiscal et lever les barrières douanières entre chaque Etat indien. Ce changement n’a pas pu être pris en compte par le classement actuel parce qu’il n’est pas intervenu suffisamment tôt. Il est donc probable que l’Inde gagne encore quelques places l’année prochaine grâce à cette mesure.

Des lourdeurs persistent, la corruption demeure

Cependant, des lourdeurs demeurent en Inde. En effet, le pays reste par exemple l'un de ceux dans lesquels il est le plus compliqué d’obtenir un permis de construire. La corruption dans l’administration demeure également un énorme problème. "Le mois dernier, l’un de mes colis est passé par les douanes. À l’arrivée, trois biens manquaient. Ils avaient été volés", déplore Rikki Sharma. "Il y avait seulement un bandeau indiquant que le paquet avait été ouvert par les douanes. Il est impossible de demander des comptes à qui que ce soit pour ce genre de choses."

Des Indiens devant la bourse de New Delhi, en novembre 2016.
Des Indiens devant la bourse de New Delhi, en novembre 2016. (PRAKASH SINGH / AFP)