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En Cisjordanie, une école pour enfants bédouins menacée par Israël

L’école, financée par des fonds européens et située à Ramallah en zone occupée, a été inaugurée il y a à peine un mois. Mais le gouvernement israélien menace déjà de la détruire.

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L’Autorité Palestinienne, des diplomates étrangers et des ONG se mobilisent pour éviter la destruction de l’école de Ras Al Tin, inaugurée à la dernière rentrée scolaire.
L’Autorité Palestinienne, des diplomates étrangers et des ONG se mobilisent pour éviter la destruction de l’école de Ras Al Tin, inaugurée à la dernière rentrée scolaire. (FREDERIC METEZEAU / RADIOFRANCE)

C’est au cœur d’un paysage lunaire, un désert de collines, de sable et de pierre dont la beauté coupe le souffle, que l’école apparaît sur un plateau. Autour, quelques campements bédouins, des moutons, des ânes et des chevaux qui broutent une herbe sèche. Le bâtiment rectangulaire à un niveau est simplement bâti en parpaings blancs et accueille à Ras-al-Tin 50 élèves, de la maternelle à la troisième.

Nour, 14 ans, l’a déjà adopté. "C'est ma première année ici, raconte-t-elle fièrement dans son "uniforme", une blouse rayée, les garçons portent des polos bleus. Avant j'étudiais à l'école d'un village voisin. C'était difficile en hiver. Je croisais les colons israéliens, je devais traverser la grande route. Nous avons le droit à l'éducation. Tous les enfants palestiniens y ont droit. Même s'ils veulent la détruire, c'est notre école ! Et on étudiera ici jusqu'à la fin de la scolarité, si Dieu le veut".  

Pas de permis de construire

Des diplomates, des ONG ou le ministre de l'Éducation de l'Autorité palestinienne sont venus discuter avec les enseignants et les enfants. Le ministre palestinien, Marwan Awartani, a entendu leur message :

C'est une zone enclavée où pendant des années, les enfants devaient marcher entre 8 et 10 kilomètres pour aller à l'école, en hiver comme en été. 

Marwan Awartani, ministre palestinien de l'Éducation 

à franceinfo

"Maintenant, ils sont si contents de n'avoir à marcher que cinq minutes. Ils ont tellement peur que si l'école est détruite, cela va les déstabiliser moralement", rapporte le ministre.  

Les murs et le sol de l'école sont encore nus, pas d'électricité pour la clim ou le chauffage, de simples toilettes de chantier. La construction est suspendue, raconte Mohamed Abou Remaileh du Conseil norvégien pour les réfugiés, qui fournit une assistance juridique aux Palestiniens. Il confirme que l'école, financée grâce à des fonds de l'Union Européenne, a été construite sans autorisation.

Absolument ! Obtenir un permis de construire dans ce secteur, c'est presque impossible. Selon nos chiffres, 98% des demandes de permis déposées par les Palestiniens ici sont rejetées.

Mohamed Abou Remaileh, du Conseil norvégien pour les réfugiés

à franceinfo

La cour suprême israélienne a été saisie, l'armée israélienne n'a pas répondu à nos questions. L'Union européenne demande à Israël de suspendre ce genre de démolition.

L’Autorité Palestinienne, des diplomates étrangers et des ONG se mobilisent pour éviter la destruction de l’école de Ras Al Tin, inaugurée à la dernière rentrée scolaire.
L’Autorité Palestinienne, des diplomates étrangers et des ONG se mobilisent pour éviter la destruction de l’école de Ras Al Tin, inaugurée à la dernière rentrée scolaire. (FREDERIC METEZEAU / RADIOFRANCE)