En Australie, le gouvernement rétrocède un territoire de 160 000 hectares à une communauté aborigène

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Un territoire de 160 000 hectares a été rendu fin septembre par le gouvernement australien à la communauté aborigène Eastern Kuku Yalanji qui y vit depuis des milliers d’années. Sur ce territoire se situe notamment un parc national classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, la forêt de Daintree.

Article rédigé par
Grégory Plesse - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
La forêt de Daintree, en Australie, fait partie du territoire rendu à la communauté aborigène des Eastern Kuku Yalanji. (THIERRY SUZAN / MAXPPP)

Les Eastern Kuku Yalanji vont pouvoir cogérer ce parc national avec les autorités locales. C'est surtout la possibilité pour ce peuple  de renouer des liens avec ce qu’ils appellent leur pays. Cette rétrocession c’est bien plus qu’une simple histoire de cadastre. "Nous pouvons enfin revenir sur notre terre et vivre là ou nous avons voulu vivre depuis de nombreuses années, explique Lyn Johnson, l’une des représentantes. C’est très important ce retour sur notre terre que nous appelons bubu, car elle nous enrichit et nous guérit. Il y a les animaux, l’écosystème, qui n’a jamais disparu, mais nous pouvons désormais y retourner plus facilement et vivre en harmonie avec lui."

Avec cette décision la forêt de Daintree, qui est connue notamment pour abriter le casoar, un oiseau très beau, mais aussi très dangereux, rejoint d’autres sites majeurs en Australie, comme Uluru ou Kakdu, qui sont déjà sous gestion aborigène.

Un système de rétrocession récent

La loi qui définit les règles en la matière a été adoptée en 1993. Avant cela, la doctrine en vigueur était la même depuis l’arrivée des Anglais en 1788, à savoir que l’Australie était une "terra nullius", une terre sans maître. Cette doctrine a désormais disparu mais cela reste très compliqué pour les aborigènes d’obtenir gain de cause. Car, comme l'explique Romain Fathi, historien et spécialiste de l’Australie, ce n'est pas une civilisation de l'écrit.

"Comment voulez vous documenter 150 ans entre la colonisation et les native titles ? Il va falloir se baser sur de l’histoire orale, sur de l’archéologie, il faut des traces… C’est extrêmement compliqué."

Romain Fathi, historien

à franceinfo

Cette difficulté, Allira Alvoen peut en témoigner. Elle est également l’une des représentantes de la communauté qui vient d’obtenir gain de cause. "Nous avons notre propre monde traditionnel, qui existe depuis l’aube du monde. Mais nous avons aussi été forcés de naviguer, vivre et survivre dans ce monde occidental. C’est un processus très difficile, très long et très fatigant." Personne ne peut dire le contraire. La communauté des Eastern Kuku Yalanji a déposé sa première demande de rétrocession, il y a plus de 25 ans, en 1994.

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