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En Argentine, des Français se portent à nouveau au chevet du "Phare du bout du monde"

Des Français, à l'origine de la reconstruction il y a 20 ans de ce phare à l'Est de la Terre de Feu argentine, relancent un appel aux dons pour des travaux.

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André Bronner à La Rochelle le 7 octobre 2018 devant la réplique du \"Phare du bout du monde\" en Argentine qu\'il a contribué à restaurer.
André Bronner à La Rochelle le 7 octobre 2018 devant la réplique du "Phare du bout du monde" en Argentine qu'il a contribué à restaurer. (XAVIER LEOTY / AFP)

Des Français veulent restaurer le "Phare du bout du monde", au large de la Patagonie argentine. Rendu célèbre grâce au roman de Jules Verne publié en 1905, des aventuriers marins ont été à l'origine de sa reconstruction. Vingt ans après, ils veulent lui redonner un coup de jeune.

En 1998, une équipe de Français dirigée par le Rochelais André Bronner  débarque en Terre de feu pour redonner naissance au phare mythique, celui "du bout du monde" selon Jules Verne, et qui s'appelle en réalité le phare de San Juan del Salvamento.

D'après les descriptions du romancier, ainsi que des documents de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, les Français ont pu reconstruire l'édifice posé sur un rocher à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur l'île des États, à l'Est d'Ushuaia. La nouveauté, c'est alors l'installation de panneaux solaires sur le phare centenaire. Une idée d'André Bronner, le chef de l'expédition, qui, en solitaire, avait passé plusieurs mois sur l'île pour y étudier le climat. Il avait aussi examiné les restes du phare qui n'était plus qu'un tas de tôles et de vieilles planches. À son retour, il a créé l'association du Phare du bout du monde, grâce aux dons de particuliers, de mécènes et des autorités françaises et argentines. Plus de 350 000 dollars ont pu être récoltés. 

Un climat particulièrement hostile  

Le phare le plus au sud du monde a été construit en 1884 par la Marine argentine. Il s'agissait d'une petite maison octogonale en chêne de Terre de Feu, surmontée d'une grande boule de métal et de huit lampes à huile. Six gardiens y vivaient, mais leur présence n'a guère duré. Les lampes n'avaient pas une bonne portée et n'éclairaient pas suffisamment les bateaux. De plus, de nombreux navires circulaient plus au nord et ils n'avaient aucune chance d'être guidés par ce phare. Après de nombreux naufrages dans la région, les autorités argentines ont finalement décidé d'abandonner le phare en 1902 et d'en construire un autre plus au nord, le phare Ano Nuevo. Ce fut le début de la fin pour le fameux phare du bout du monde.  

Un nouvel appel aux dons

Cette année, à l'occasion des 20 ans de la reconstruction du phare, André Bronner de retour à Ushuaia, a constaté que le phare avait besoin de sérieuses réparations. Il semble que le système lumineux, avec les panneaux solaires, soit défaillant sur une île où la faune se reproduit très vite et mange tout, et où la flore abîme le phare. Afin de mener des travaux, il fait à nouveau appel aux dons, estimant qu'environ 55 000 euros sont nécessaires. L'idée est de commencer les réparations au printemps 2019. Sans attendre, il est toujours possible de découvrir au plus près la copie du phare en pleine mer, installé à La Rochelle...  

André Bronner à La Rochelle le 7 octobre 2018 devant la réplique du \"Phare du bout du monde\" en Argentine qu\'il a contribué à restaurer.
André Bronner à La Rochelle le 7 octobre 2018 devant la réplique du "Phare du bout du monde" en Argentine qu'il a contribué à restaurer. (XAVIER LEOTY / AFP)