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En Afrique du Sud, à une centaine de kilomètres de Johannesburg, le "pire point chaud du monde"

Dans le Mpumalanga, province à l’est de l’Afrique du Sud, on compte douze centrale à charbon sur un périmètre d’environ 200 kilomètres, avec des taux de dioxyde d’azote anormalement élevés. Une enquête de Greenpeace classe la zone dans les cinquantes régions les plus polluées du monde.

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Une vache broute devant une usine à charbon, dans le Mpumalanga, en Afrique du Sud.
Une vache broute devant une usine à charbon, dans le Mpumalanga, en Afrique du Sud. (MUJAHID SAFODIEN / AFP)

Une enquête de Greenpeace dévoile les cinquante régions de la planète les plus polluées au dioxyde d’azote. La moitié se trouvent en Asie, principalement en Chine et en Inde. On en compte cinq en Afrique : une en Angola, trois en République démocratique du Congo et une en Afrique du Sud. A une centaine de kilomètres de Johannesburg, en Afrique du sud, la région du Mpumalanga fait figure de "pire point chaud du monde", selon l’ONG de défense de l’environnement. Cette pollution record s’explique par la puissante industrie du charbon en Afrique du Sud.

Le pays est le septième producteur mondial de charbon

L’Afrique du Sud est le septième producteur mondial de charbon et l’utilise à près de 90% pour produire son électricité. Le problème, c’est que le charbon est très polluant et que dans le cas sud-africain en particulier, quasiment toutes les usines sont concentrées dans une même région, le Mpumalanga donc, le pire point chaud du monde selon Greenpeace. Le Mpumalanga, province à l’est de l’Afrique du Sud, est proche de Johannesburg et Pretoria : environ à une heure et demie de route. Et sur un périmètre d’environ 200 kilomètres, on compte douze centrales à charbon et donc des taux de dioxyde d’azote anormalement élevés.

Après le rapport de Greenpeace, le ministère de l’Energie n’a pas souhaité réagir. Il y a dix ans le gouvernement sud-africain avait désigné cette même région du Mpumalanga comme priorité numéro un en terme de qualité de l’air. Mais depuis, la qualité de l’air n’a fait que se dégrader. Une des raisons est que, en plus d’avoir douze centrales dans une zone restreinte, les usines à charbon datent de l’époque de l’apartheid, sont vieilles, vétustes et ne respectent pas les normes environnementales. Elles sont toutes la propriété de l’entreprise publique Eskom, le géant sud-africain de l’électricité. Et Eskom est surendetté depuis plusieurs années maintenant et donc incapable de mettre aux normes ses usines, mises aux normes sans cesse repoussées depuis dix ans. Donc l’État sud-africain est à la fois le principal pollueur via l’entreprise Eskom, et assure d’un autre côté des efforts pour réduire les émissions de dioxyde d’azote.

2 200 décès prématurés

Sur place, dans le Mpumalanga, les effets directs de cette pollution extrême sur l’environnement et les Sud-Africains. Ils sont désastreux comme vous pouvez l’imaginer. Un premier chiffre donne le tournis : 2 200 décès prématurés à cause de l’intense extraction et combustion du charbon selon Greenpeace. Un expert britannique évalue lui à deux millions d’euros les pertes annuelles en terme de frais de santé et d’arrêts maladies. Dans la région, l’air est irrespirable, l’eau est contaminée, on ne compte plus les cas d’asthme développés par la population. 50% des cas reportés dans les hôpitaux de cette région le sont pour des cas de maladies respiratoires.

Les fumées s’étendent au-delà du Mpumalanga. Selon Greenpeace, un quart d’entre elles survoleraient Johannesburg et Pretoria, soit plus de 10 millions d’habitants. Le seul motif d’espoir pour ces communautés c’est la volonté affichée du gouvernement de se sortir progressivement de sa dépendance au charbon. De 90% aujourd’hui, le charbon ne représentera que 65% de la production d’énergie en 2030 assure l’État sud-africain. 

Une vache broute devant une usine à charbon, dans le Mpumalanga, en Afrique du Sud.
Une vache broute devant une usine à charbon, dans le Mpumalanga, en Afrique du Sud. (MUJAHID SAFODIEN / AFP)