Changement climatique : en Irak, les zones arides gagnent du terrain

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Si le pays a toujours été un pays semi-désertique, il subit de plus en plus les conséquences de la sécheresse.

Article rédigé par
Lucile Wassermann - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 1 min.
Le lac Sawa complètement asséché par des années de sécheresse dans la province d'al-Muthanna, dans le sud de l'Irak, le 19 avril 2022. (ASAAD NIAZI / AFP)

La 15e Conférence des Nations unies (COP15) sur la désertification et la sécheresse s'ouvre lundi 9 mai à Abidjan. L'un des pays les plus touchés par le phénomène est l'Irak qui voit ses zones arides s'agrandir. La première raison est évidemment climatique. Il pleut de moins en moins, les températures atteignent des records l'été, au-dessus des 50° C, ce qui provoque une évaporation des eaux plus importante.

Mais il y a aussi des causes politiques car l'Irak dépend principalement de ses deux fleuves, l'Euphrate et le Tigre, en termes de ressources hydriques. Hors, leurs sources se trouvent en Turquie et en Iran, où d'immenses barrages ont été construits ces dernières années, privant l'Irak d'une grande partie de cette eau qui s'écoule dans le pays. "Si rien n'est fait, il n'y aura plus d'espaces verts, plus de maisons, plus d'eau potable, s'alarme Salman Khairallah, militant écologiste. L'Irak va tout simplement devenir un désert. L'ONU estime que l'Irak devrait perdre 20% de ses ressources en eau d'ici 2025, accélérant cette désertification."

Les tempêtes de poussières se multiplient

Une situation très préoccupante aux conséquences multiples, dont des tempêtes de poussière à répétition. Il n'y en a jamais eu autant que ces derniers mois. Il faut imaginer un épais nuage orange qui enveloppe totalement la ville, où il est impossible de voir à plus de quelques mètres. Cela provoque des milliers d'hospitalisations pour cause de problèmes respiratoires. Mais il y a aussi des conséquences économiques car les aéroports internationaux doivent fermer.

Outre ces phénomènes très impressionnants, les agriculteurs souffrent toute l'année de cette sécheresse et de ces pénuries d'eau. Ils n'arrivent plus à arroser leurs champs, s'endettent parfois dans la construction de puits, ou font le choix de s'installer ailleurs, dans les villes, pour trouver un emploi plus sûr, ce qui crée des mouvements de population et de l'instabilité dans le pays.

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