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Au Liban, la scène électro au chevet du pays

Quatre mois après l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, la capitale libanaise, des artistes sortent une compilation de musique électronique en soutien aux habitants.

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Un concert electro du collectif \"Nuage\" à Beyrouth lors du confinement d\'avril 2020.
Un concert electro du collectif "Nuage" à Beyrouth lors du confinement d'avril 2020. (JOSEPH EID / AFP)

Dix-huit morceaux, trente DJ et compositeurs. L’album s’appelle For Beirut, et tous les bénéfices de la vente sont versés à une association de soutien aux habitants de Beyrouth, quatre mois après l’explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise. Il y a des pointures internationales comme Rubin Steiner ou Dimitri from Paris, et des artistes libanais, américains, belges ou encore français… Comme Yuksek, l’un des initiateurs de la compilation. Son morceau s’appelle Beirut ma betmout, "Beyrouth ne meurt jamais".

"Le jour de l’explosion à Beyrouth, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire pour soutenir les gens là-bas, explique Yuksek. C’est une ville qui a souffert, on le voit. Et en même temps, on y trouve une douceur, une chaleur des gens, le multiculturalisme, les repas sans fin… Il y a vraiment un truc particulier à Beyrouth…"

Ni cachet ni bénéfice, tout pour les Libanais

"De la bonne musique, pour une bonne action", écrivent les artistes sur le site qui vend l’album. Pas de bénéfices, pas de cachet. L’argent ira aux Libanais. S’il y a un tel élan de solidarité, c’est parce que Beyrouth est un haut-lieu de la musique électronique. C’est "la" destination au Moyen-Orient pour les soirées endiablées au son des meilleurs DJs. Ou plutôt "c’était" la destination phare, parce qu’après le coronavirus Covid-19 et la crise économique, l’explosion dans le port de Beyrouth a rasé les quartiers, les bars, les clubs emblématiques de cette vie nocturne.

La ville continuera à avoir un fort pouvoir d’attraction pour les artistes puisque ce qui fait la force de ce pays, c’est son peuple.

Olivier Gasnier-Duparc

à franceinfo

Olivier Gasnier-Duparc organise des soirées depuis dix ans à Beyrouth, il a fait venir une bonne partie des artistes de la compilation. Il a été gravement blessé lors de l’explosion "C’est un endroit où il y avait les boîtes de nuit les plus impressionnantes au monde alors que le pays est petit, indique-t-il. Tu pouvais y trouver dans la même semaine deux DJ internationaux dignes d’Ibiza."

À retrouver aussi sur cette compilation, le Libanais Julien Jabre qui utilise des chants de la révolte populaire de l’automne 2019 dans son morceau.

Un concert electro du collectif \"Nuage\" à Beyrouth lors du confinement d\'avril 2020.
Un concert electro du collectif "Nuage" à Beyrouth lors du confinement d'avril 2020. (JOSEPH EID / AFP)