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Au Japon, un supplément de tendresse dans des maisons de retraite bon marché

Une Japonaise a réinventé les maisons de retraite dans son pays en proposant des prix abordables, en transformant des bâtiments abandonnés et en employant des étrangers.

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Une aide-soignante indonésienne dans une maison de retraite à Futtsu, à l\'est de Tokyo, en 2014.
Une aide-soignante indonésienne dans une maison de retraite à Futtsu, à l'est de Tokyo, en 2014. (TORU YAMANAKA / AFP)

Le Japon vieillit plus vite que tous les autres pays industrialisés : plus du quart de ses 126 millions d’habitants a plus de 65 ans. Masue Katayama, une entrepreneure sociale de 78 ans, a eu l’idée de rénover de vieux bâtiments abandonnés par des entreprises, comme des entrepôts ou des immeubles commerciaux, pour y accueillir des personnes âgées qui n’ont pas les moyens de payer des séjours dans des maisons de retraite classiques.

Sachant qu'aux yeux des Japonais, les maisons de retraite bon marché ont plutôt mauvaise réputation, elle assure que les 19 établissements qu’elle gère aujourd’hui, avec environ 2 000 résidents, offrent une qualité de service et de confort au-dessus de tout soupçon.

Le bien-être des résidents et des soignants

Autre différence notoire par rapport aux maisons de retraite classiques : Masue Katayama emploie des aides-soignants étrangers, des Cambodgiens et des Vietnamiens - qui ont trouvé refuge au Japon durant la guerre du Vietnam - mais aussi des Chinois, des Indonésiens etc. Le Japon, qui refuse en général de s’ouvrir à l’immigration, commence à lâcher du lest sur les visas pour le personnel soignant étranger tant la pénurie de main-d’œuvre est grave dans ce secteur. Masue Katayama les rémunère au même salaire que les Japonais.

Elle s’est aperçue que les étrangers apportent aux résidents de ses maisons de retraite un supplément de tendresse. Les aides-soignants étrangers sont beaucoup plus expressifs dans leurs gestes, peut-être en raison de la barrière de la langue. Ils prennent les personnes âgées dans leurs bras et leur tapent sur l’épaule. Le personnel japonais, lui, n’est pas habitué à établir un tel contact physique. Il exprime sa chaleur humaine plutôt par la parole, et non pas par le toucher.

800 employés

La société de Masue Katayama, Shinko Fukushikai, compte 800 employés souvent en situation de précarité. Les salaires dans les soins aux personnes âgées restent peu élevés dans le pays et l’État cherche à les améliorer par des subventions. La société de Masue Katayama parvient, avec un budget d’une quarantaine de millions d’euros par an, à offrir un niveau de services presque aussi élevé que celui des maisons de retraite privées très chères.

Une aide-soignante indonésienne dans une maison de retraite à Futtsu, à l\'est de Tokyo, en 2014.
Une aide-soignante indonésienne dans une maison de retraite à Futtsu, à l'est de Tokyo, en 2014. (TORU YAMANAKA / AFP)