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Au Canada, le Québec veut afficher sa fierté d'être reconnu comme une nation

Une petite révolution constitutionnelle est en cours à Ottawa. Pour la première fois de son histoire, le Québec pourrait être reconnu comme une nation à part entière.

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Des militants du mouvement \"Québec libre\" lors du sommet du G7 à La Malbaie (Québec) le 9 juin 2018. Illustration.
Des militants du mouvement "Québec libre" lors du sommet du G7 à La Malbaie (Québec) le 9 juin 2018. Illustration. (MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP)

C'est une aspiration de longue date. La "Belle province" se vit déjà comme une nation au sein de la fédération canadienne, d’ailleurs on parle de la ville de Québec comme de la capitale "nationale". Mais jusqu'à présent, Ottawa n’avait rien voulu entendre.

Or, au détour d’une réforme linguistique destinée à renforcer la présence du français, le gouvernement québécois a affirmé son intention de modifier unilatéralement la Constitution de 1867 afin d’y inscrire que le Québec était "une nation, avec pour langue officielle et commune le français." Et surprise : le Premier ministre canadien Justin Trudeau a acquiescé.

Le Québec a le droit de modifier une partie de la Constitution, pour souligner d'ailleurs des constats que nous avons déjà faits au niveau du gouvernement fédéral : c'est-à-dire que le Québec constitue une nation, et que c'est une province où la langue officielle est le français.

Justin Trudeau

Premier ministre du Canada

Un assentiment qui a déclenché la colère de la presse anglophone. Un éditorialiste a parlé de "suprématisme culturel du nationalisme québécois", quand d’autres ont reproché à Justin Trudeau de trahir son père, Pierre Eliott Trudeau, ex Premier ministre lui aussi et défenseur acharné en son temps, du fédéralisme.

Une reconnaissance très symbolique

Cette reconnaissance ne devrait pas bouleverser l’équilibre institutionnel du Canada. On est loin des espoirs d’indépendance portés depuis les années 60 par les nationalistes québécois, douchés par les échecs des référendums de 1980 et 1995. Mais il n’y a pas de petite victoire. D’ailleurs, le chef du parti québécois Paul St-Pierre Plamondon entend pousser son avantage : "C'est très anormal que l'Écosse et plusieurs autres nations qui ne sont pas des pays aient leur drapeau sur les plateformes numériques, mais pas le Québec ! On va écrire des lettres, de manière à mettre la pression pour que le Québec ait le même droit que plusieurs autres nations à travers le monde : le droit d'être fier et d'afficher cette fierté sur les médias sociaux."

Un émoticon du drapeau bleu et blanc à la fleur de lys à partager sur les réseaux sociaux représente un autre espoir de reconnaissance pour la "nation" québécoise.

Des militants du mouvement \"Québec libre\" lors du sommet du G7 à La Malbaie (Québec) le 9 juin 2018. Illustration.
Des militants du mouvement "Québec libre" lors du sommet du G7 à La Malbaie (Québec) le 9 juin 2018. Illustration. (MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP)