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À Cuba, des élections locales sans le clan Castro mais avec toujours autant de restrictions politiques

Des élections locales sont organisées dimanche à Cuba. C'est la première étape d'un processus qui verra élire un nouveau président. Alors que Raul Castro ne se représente pas, la liberté politique reste pour l'instant très limitée. 

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Des Cubains participent à la désignation des candidats aux élections municipales, à la Havane, en septembre 2017.
Des Cubains participent à la désignation des candidats aux élections municipales, à la Havane, en septembre 2017. (YAMIL LAGE / AFP)

Dimanche 26 novembre, les Cubains sont appelés aux urnes. L'Etat donnera le nom des nouveaux "délégués généraux" élus. Ce sont des sortes de députés qui auront le privilège d'élire, fin février, les ministres et le nouveau Président de l'île communiste. Ces élections sont d'autant plus importantes qu'elles vont mener au départ de Raul Castro, qui a choisi de ne pas se représenter à la tête du pays.

L'opposition écartée de l'élection

Pourtant, dans le pays, personne ne prête vraiment attention à ces élections locales. Selon la constitution cubaine, tout citoyen majeur est cependant encouragé à se présenter aux élections municipales, législatives ou présidentielle. Des affiches dans les bus cubains incitent même la population à faire usage de son "pouvoir démocratique"

Ce qui décourage probablement les Cubains de s'intéresser à ces élections, c'est que le suffrage est à parti unique. En effet, tout parti d'opposition est illégal et ne peut se présenter. Malgré cela, nombre d'habitants continuent de défendre le système cubain, "unique au monde", selon David Guara, sociologue à l'université de Matanzas.

Je ne pense pas qu’on puisse faire plus démocratique parce que nous choisissons nos élus à partir de la base, tout en bas de l’échelle.

David Guara, sociologue à l'université de Matanzas

à franceinfo

Il affirme que c'est un élément de différenciation pour Cuba par rapport aux pays capitalistes. "Ce sont les partis les plus riches qui sont élus. Et parfois, les élections sont truquées..." Il est nostalgique de l'époque de Fidel Castro. "Notre commandant a toujours été le favori du peuple. C’est bien dommage qu’il soit mort car on aurait bien continué avec lui.”

Certains souhaitent une ouverture politique

Ce week-end est d'ailleurs doublement important puisque, en plus des élections, c’est le premier anniversaire de la mort de Fidel Castro. Certains comptent même se rendre sur sa tombe à Santiago de Cuba au lieu de voter. Ela Gomez, ancienne traductrice simultanée de Fidel Castro pendant ses déplacements diplomatiques dans les pays germanophones, s’est exilée en Allemagne de l’Ouest dans les années 80. Revenue vivre a Cuba, elle espère que le départ de Raul Castro va provoquer une ouverture politique sur l’ile.

Si nos dirigeants sont si convaincus que la ligne politique du Parti est parfaite, qu’elle répond aux besoins du peuple, ce serait une preuve d’intelligence que de permettre à d’autres partis de se présenter librement, tout comme l’ouverture qu’il y a eu avec notre population, le droit de voyager et de revenir à Cuba.

Ela Gomez, ancienne traductrice de Fidel Castro

à franceinfo

Elle aimerait que les fondements de la société cubaine évoluent. "Je souhaiterais désormais que chaque individu soit rémunéré pour la quantité de travail accompli. Cela amènerait une évolution substantielle dans toute la société." Un débat interne est nécessaire sur l’île et la dernière décision de Donald Trump de suspendre les visas pour les Etats-Unis est "un mal pour un bien", selon la traductrice. Car les Cubains vont devoir imaginer l’avenir dans leur pays.

Des Cubains participent à la désignation des candidats aux élections municipales, à la Havane, en septembre 2017.
Des Cubains participent à la désignation des candidats aux élections municipales, à la Havane, en septembre 2017. (YAMIL LAGE / AFP)