Marie-Amélie Le Fur, présidente du comité paralympique, veut encourager les enfants en situation de handicap à faire du sport

Chaque semaine, Théo Curin embarque, dans son taxi, des champions liés aux Jeux de Paris 2024. Voyage ici, en compagnie de l'athlète multi médaillée, et surtout présidente du Comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie Le Fur.
Article rédigé par Théo Curin, Fabrice Rigobert
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Marie-Amélie Le Fur et Théo Curin. (ANNE BAYARD)

Demain les Jeux est un rendez-vous en partenariat avec France 3, dans le cadre de l'émission Aux Jeux, citoyens ! Le vice-champion du monde de paranatation, Théo Curin, devient Théo le Taxi, et embarque dans sa voiture une personnalité ou un champion, en lien avec les Jeux de Paris 2024. Ici, l'athlète multi médaillée, et présidente du Comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie Le Fur. Une expérience que Théo Curin raconte à Fabrice Rigobert.

franceinfo : Vous aviez eu la chance d'accueillir Nantenin Keita, l'une des figures du para athlétisme, la semaine dernière, que vous aviez emmenée dans votre voiture. C'est l'autre grande figure de cette discipline, que vous avez cette fois pilotée cette semaine, Marie-Amélie Le Fur ? 

Théo Curin : Détentrice de neuf médailles aux Jeux paralympiques, en saut en longueur sur 100 et sur 200 m, triple championne paralympique, quatre fois championne du monde, à 35 ans, Marie-Amélie Le Fur a mis un terme à sa carrière après les Jeux de Rio, où elle a décroché trois médailles, dont deux en or. J'ai d'ailleurs replongé dans ses souvenirs, en lui montrant une vidéo d'une de ses courses où elle a chuté à l'arrivée sur la finale du 100 m aux Jeux de Londres. "Je me jette tellement que je me prends une chute monumentale et derrière, je suis persuadé d'être deuxième."

Alors, qu'est-ce qui se passe pendant ces cinq secondes ? "Pour moi, j'ai l'impression que ça a duré trois minutes et en fait, dans ma tête, je me dis : je suis persuadée de ne pas avoir gagné. Et là, je commence à faire le plan d'entraînement des quatre prochaines années. Et puis en fait, c'est mon nom qui s'inscrit sur le tableau et là, c'est l'explosion de joie".

C'est incroyable ce final ! Un succès qui correspond à sa première médaille d'or aux Jeux paralympiques. Marie-Amélie Le Fur, que l'on peut décrire comme une véritable battante ? 

Marie-Amélie s'est retrouvée amputée de la jambe gauche après un accident de scooter, il y a presque 20 ans. Et ce n'est que quatre mois après cet accident, qu'elle a décidé de reprendre le sport. La suite est ponctuée de succès sur ces trois disciplines, saut en longueur, 100 mètres et 200 m, avant de se consacrer au Comité paralympique. Elle est devenue présidente en 2018, et à ce titre, elle participe activement à la préparation des Jeux paralympiques qui se dérouleront dans moins d'un an.

C'est une Marie-Amélie Le Fur plus intime que l'on découvre aussi à vos côtés ?

Oui, derrière la championne, se cache quelqu'un d'une grande sensibilité. Lorsqu'elle parle de sa famille, de ses deux petites filles, de son mari, pompier professionnel. Pompier, d'ailleurs, le métier que Marie-Amélie rêvait de faire lorsqu'elle était enfant.

On découvre aussi qu'elle aime les cookies, notamment. Ça, c'est pour le côté culinaire. Elle découvre à l'aveugle, elle reconnaît son cookie préféré ?

Donc si elle avait le choix entre deux cookies, le but était de reconnaître son cookie préféré. Il n'y a pas eu du tout de suspense, elle l'a reconnu direct, bon, elle a foutu en l'air vite fait mon jeu que j'avais préparé pendant des semaines, ce n'est pas grave.

Alors, où est-ce que vous avez décidé de conduire Marie-Amélie avec votre taxi ?

Alors nous sommes allés à la Villette, et pas pour rien."Et là, on aura notre club France pendant les Jeux de Paris 2024. C'est un lieu important de célébrations, de rencontres, d'émotions, de découverte des pratiques sportives. On a vraiment envie que ces jeux, ils soient réussis pour les athlètes, pour toutes les personnes en situation de handicap. Parce que moi, j'ai un rêve, je suis peut-être un peu utopiste, mais c'est vraiment de faire en sorte que cet épanouissement tous les deux qu'on a connus par le sport, ben que ce soit offert et possible pour tous les enfants en situation de handicap."

Le développement de l'accès au sport pour tous, grâce aux Jeux paralympiques, c'est ça le but pour elle comme pour vous d'ailleurs, Théo ? 

Oui, il faut pousser les enfants en situation de handicap à faire du sport. Je l'ai vu avec mon histoire. Ça m'a beaucoup aidé à me challenger, à me redécouvrir en quelque sorte. Notre combat avec Marie-Amélie, c'est aussi de sensibiliser le plus grand nombre, pousser les familles à se diriger vers les fédérations, demander des renseignements, trouver une discipline adéquate, et tout simplement kiffer grâce au sport.

Qu'est-ce que vous retenez de votre échange avec Marie-Amélie Le Fur, que vous connaissez très bien ?

Oui, c'est une battante, on vient d'en parler. J'ai aussi été surpris par la dureté qu'elle peut avoir envers elle-même. Elle s'était mis beaucoup de pression avant ce rendez-vous dans Théo le Taxi. Elle m'a dit juste avant de monter à bord de la voiture : "j'ai peur de ne pas être assez drôle. J'ai peur d'être trop formatée présidente maintenant, il ne faut pas que je fasse de discours", et en fait, tout s'est bien passé et je pense que cette dureté qu'elle a envers elle-même, eh bien, c'est ce qui lui a permis de faire des records et de gagner toutes ses médailles.

Demain, les Jeux, c'est chaque dimanche sur France Info et Théo le Taxi chaque jeudi soir sur France 3 à partir de 20 h 40.

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