Le décathlonien Makenson Gletty compte bien se qualifier pour les Jeux : "Ce serait une première, quel frisson..."

Chaque semaine, Théo Curin embarque dans son taxi, des championnes et des champions liés aux Jeux de Paris 2024. Voyage ici, en compagnie de Makenson Gletty, champion de France de décathlon.
Article rédigé par Fabrice Rigobert, Théo Curin
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Théo Curin avec Makenson Gletty, champion de France de décathlon qui compte bien se qualifier pour les Jeux, dans cette discipline très difficile. (ANNE BAYARD)

Demain les Jeux est un rendez-vous en partenariat avec France 3, dans le cadre de l'émission Aux Jeux, citoyens ! Le vice-champion du monde de paranatation, Théo Curin, devient Théo le Taxi et embarque dans sa voiture une personnalité ou un champion, en lien avec les Jeux de Paris 2024. Cette semaine, nous voyageons en compagnie du décathlonien Makenson Gletty.

franceinfo : Vous avez transporté cette semaine Makenson Gletty, un espoir du décathlon français ?

Théo Curin : Âgé de 24 ans, celui qui a grandi dans les Alpes, après être arrivé d'Haïti à 7ans, est champion de France en titre du décathlon. Il vise la qualification pour les Jeux de Paris avant, peut-être, d'envisager de monter sur le podium en contestant, pourquoi pas, la domination de Kevin Mayer. Makenson est un athlète déterminé. Il m'a d'ailleurs expliqué pourquoi il a choisi le décathlon :

"En fait, quand tu échoues dans une épreuve, tu peux te rattraper sur l'autre, et ainsi réussir à t'améliorer au fur et à mesure. C'est un vrai challenge." Quand je regarde le décathlon, je me dis que les gars et les filles qui font ça, ils sont fous ! Dix efforts différents, à haute intensité, l'un après l'autre.

Dans les 10 disciplines, quelle est celle que Makenson Gletty redoute le plus ?

Le 1500 mètres, parce que c'est la dernière, et que cela lui demande un gros travail de finish. Il a rencontré aussi quelques difficultés au disque, en particulier à Talence, dans une compétition où il a manqué sa qualification olympique d'un cheveu, à cause d'une mauvaise performance au lancer de disque. Mais nul doute qu'il réussira à se rattraper très prochainement.

Vous avez écouté ensemble de la musique ?

En fait, quand j'ai vu ce grand gaillard monter dans ma voiture – pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est une armoire à glace ! – je m'attendais à ce qu'il écoute du rap américain ou du rock... mais non. Il est fan de Céline Dion. Étonnant, du coup je lui ai promis du Céline Dion dans le stade, s'il se qualifie ! Car c'est son challenge maintenant : trouver une compétition pour atteindre le nombre de points suffisants. Il lui en manque vraiment très peu, et il est assez serein pour y parvenir : "Je n'ai jamais participé aux Jeux, ce serait une première, à la maison, quel frisson..."

Il faut dire que c'est, hélas, un athlète de l'ombre ?

Oui, il mériterait plus de lumière. Je rappelle qu'il est membre de l'équipe de la Police nationale, il n'a pas d'équipementier, et il ne vit absolument pas de son sport. Il est tout de même déterminé à franchir un cap, pour s'imposer au plus haut niveau dans les prochains mois et, vraiment, on l'espère aux Jeux de Paris.

Il y a comme lui de nombreux athlètes qui participeront aux Jeux, sans sponsors, et qui sont obligés de travailler à côté. Cela fait partie, encore, des grands combats à mener avant (mais surtout après) les Jeux. Ces personnes font des sacrifices énormes pour leur discipline, et elles n'en sont malheureusement pas récompensées. Alors on souhaite à Makenson Gletty beaucoup de courage pour cette dernière ligne droite.

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