Cinéma week-end, France info

Cinéma week-end. "200 mètres", "Nomadland" et "The Last Hillbilly", nos choix de la semaine

 "200 mètres", premier film d'Ameen Nayfeh, raconte l'histoire d'une famille palestinienne, de nos jours. "Nomadland" de Chloé Zhao qui a reçu de nombreuses récompenses, suit le parcours de Fern, veuve d'une cinquantaine d'années, contrainte de continuer à travailler pour survivre.

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Ali Suliman dans \"200 mètres\", de Ameen Nayfeh, juin 2021.
Ali Suliman dans "200 mètres", de Ameen Nayfeh, juin 2021. (SHELLAC FILMS)

Parmi les derniers films sortis en salle, franceinfo conseille à ses auditeurs d'aller voir notamment 200 mètres, film du palestinien Ameen Nayfeh. 

200 mètres raconte l'histoire d'une famille palestinienne, de nos jours. Leur particularité ? Le père ne vit pas au même endroit que sa femme et ses enfants, il est à Tulkarem, en Cisjordanie. Ils vivent à Hadera, côté israélien, et entre eux, on retrouve le mur construit par Israël lors de la seconde intifada ou Intifada el-Aqsa, de septembre 2000 jusqu'à environ février 2005. Les 200 mètres du titre renvoyant à cette distance.

Entre road movie et thriller

Se voir, se retrouver est très compliqué au quotidien, et chaque soir les deux appartements s'envoient des signaux lumineux et se souhaitent "bonne nuit" au téléphone. Nous sommes dans le drame familial, social et politique, saupoudré de comédie, et rapidement un événement va faire basculer le film dans le road movie et le thriller : le père de famille devant passer à tout prix côté israélien, les 200 mètres devenant pour lui 200 kilomètres, avec un passeur, et au milieu des check-points de l'armée.  

C’est le premier film d'Ameen Nayfeh, 33 ans, passé par le scénario et le montage. Lui-même vit à Tulkarem, son expérience et sa vie personnelle ont nourri cette histoire, et il nous montre aussi que malgré l'absurdité de la situation et l'impasse politique, Palestiniens et Israéliens parviennent tout de même à communiquer, voire à cohabiter. Et si le film est une telle réussite, c'est à la fois grâce au mélange habile de plusieurs genres mais aussi à la qualité de ses interprètes, Ali Suliman, qui joue Mustafa, le père de famille en tête.  

Nomadland de Chloé Zhao, trois Oscars dont celui de la meilleure actrice

C'est la sortie-événement de la semaine, Nomadland de Chloé Zhao, un film qui a raflé de nombreuses récompenses, dont le Lion d'Or à Venise et surtout trois Oscars, meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleure actrice pour Frances McDormand. Les spectateurs français peuvent enfin le découvrir, et sur grand écran, ce qui fait honneur à ses très beaux paysages et autres lumières naturelles.

Le film, quasi documentaire, suit le parcours de Fern, veuve d'une cinquantaine d'années, contrainte de continuer à travailler pour survivre, jetée sur les routes du Midwest américain, comme de nombreux autres précaires, ces fameux "nomades".

The Last Hillbilly des français Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe

Et le hasard a voulu qu'un documentaire, sorti cette semaine, fasse écho à Nomadland. The Last Hillbilly, réalisé par deux français, Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe. Ils ont passé sept ans dans le Kentucky, au contact de Brian Ritchie, personnage charismatique et poète occasionnel qui se définit donc lui-même comme "le dernier péquenot", traduction française du titre.

On est dans l'autre Amérique, celle dont on ne parle pas, l'Amérique des anonymes, des chômeurs, des déclassés de la désindustralisation aussi, après la fin de l'exploitation, dans les régions, des anciennes mines de charbon. D'une grande délicatesse, inclassable, le documentaire a été pensé comme une expérience par ses réalisateurs.   

Le festival Plurielles à Compiègne jusqu'au 19 juin 

Enfin, le festival Plurielles qui, chaque année, met en valeur les femmes et l'inclusion a débuté vendredi 11 juin, à Compiègne, avec du beau monde : Emmanuelle Béart, Isabelle Adjani, Anne Parillaud, Camélia Jordana et la co-présidente du festival, la comédienne Aïssa Maïga qui projetera son documentaire Regard Noir sur la représentativité des femmes noires au cinéma. 

Ali Suliman dans \"200 mètres\", de Ameen Nayfeh, juin 2021.
Ali Suliman dans "200 mètres", de Ameen Nayfeh, juin 2021. (SHELLAC FILMS)