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Chroniques du ciel. Loi climat : l'assemblée nationale sonne le glas pour les avions publicitaires

D’ici au 1er janvier 2022, vous ne verrez donc plus ces appareils légers trainer au-dessus de la plage de vos vacances une banderole vantant les qualités du supermarché ou du magasin de bricolage local.

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Un ULM décolle avec sa banderole publicitaire, à Fréjus, dans le sud de la France. Photo d\'illustration. 
Un ULM décolle avec sa banderole publicitaire, à Fréjus, dans le sud de la France. Photo d'illustration.  (CEDRIC PACOURET / MAXPPP)

C’est une mesure "anecdotique" que viennent d’adopter les députés dans le cadre du projet de loi "Climat et résilience". Vendredi 3 avril, l’assemblée nationale a décidé d’interdire la publicité diffusée au moyen d’une banderole tractée par un aéronef. D’ici au 1er janvier 2022, vous ne verrez donc plus ces appareils légers traîner au-dessus de la plage de vos vacances une banderole vantant les qualités du supermarché ou du magasin de bricolage local. Souvenir d’enfance, folklore patrimonial depuis près de 40 ans.  

Proposée initialement par les membres de la Convention citoyenne, dont les intentions étaient louables, cette mesure est censée lutter contre le réchauffement climatique. Mais aura-t-elle un réel impact sur l’environnement ? Il est permis d'en douter sérieusement. Et pour plusieurs raisons. D’abord parce que cette activité ne concerne en France qu’une petite vingtaine d’acteurs. Elle est extrêmement limitée dans le temps, quelques semaines durant l’été, à peine quatre heures par jour, souvent l’après-midi, où la fréquentation des plages est la plus importante. Et dans la plupart des cas, elle est assurée par des ULM (Ultra Légers Motorisés) dont l’empreinte carbone est inférieure à de nombreuses berlines. Un ULM consomme en moyenne une quinzaine de litres d’essence sans plomb à l’heure. Quant à la nuisance sonore, elle est infime.  

Un impact sur l'emploi

Le seul impact de cette mesure risque donc d'être économique. Une petite centaine d’emplois directs ou indirects pourraient disparaître dans l’indifférence générale. Une nouvelle fois, cette mesure fait écho aux nombreuses idées reçues contre cette aviation générale quant à son incidence environnementale, malgré les progrès réalisés pour réduire sa consommation de carburant et ses nuisances sonores.

Cette aviation générale, celle des aéro-clubs, des écoles de pilotage, des PME, est aujourd'hui lourdement menacée par d'autres projets de mesures de la loi climat, comme une taxation accrues, de l'ordre de 25%, du carburant qu'elle utilise. C'est pourtant cette aviation qui a permis la naissance de grands groupes industriels français au siècle dernier. Rappelons-le, Marcel Dassault, à ses débuts, fabriquait des hélices. C'est cette aviation qui a permis à des milliers de jeunes de se structurer et de trouver leur voie. Certains regretteront que les professionnels du secteur, les administrations compétentes, ne soient pas plus mobilisés pour mieux éclairer les parlementaires. L'industrie aéronautique doit sans doute apprendre à mieux communiquer.

Un ULM décolle avec sa banderole publicitaire, à Fréjus, dans le sud de la France. Photo d\'illustration. 
Un ULM décolle avec sa banderole publicitaire, à Fréjus, dans le sud de la France. Photo d'illustration.  (CEDRIC PACOURET / MAXPPP)