"La reine est prête" : à la rencontre de Mickael, inséminateur d'abeilles

Tout l’été, franceinfo vous fait découvrir des métiers étonnants ou méconnus à travers la chronique "C'est vraiment ton boulot ?" Mardi 1er août, le métier d'inséminateur d'abeilles avec Mickael
Article rédigé par France Info, Alain Gastal
Radio France
Publié
Temps de lecture : 267 min
Mickael, apiculteur, sélectionne les mâles avec lesquels il va inséminer ses reines. (ALAIN GASTAL / RADIO FRANCE)

La première étape, c'est d'endormir la reine, préalablement installée dans une petite boîte d'allumettes. Une boîte "remplie de dioxyde de carbone pour qu'elle s'endorme", explique Mickael, apiculteur. Pendant que la reine s'endort, on va chercher les mâles dans la ruche. Pas facile à trouver, ils ne sont que 2000 qui ne font rien, parmi 60 000 femelles qui elles travaillent. "Les mâles, généralement, ce sont des bouches à nourrir pour rien, donc les abeilles les rejettent. On va retrouver les mâles plutôt sur les côtés de la ruche. On connaît les mères parce qu'elles ont les bandes plus dodues."

Prélever la semence

Il faut prélever la semence d'une bonne trentaine de mâles pour féconder une seule reine. "On va commencer à lui appuyer sur le thorax. Ça va devenir dur. Cette boule nacrée, c'est le sperme qu’on va venir la récupérer doucement." 

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L'étape la plus délicate maintenant ? L'insémination proprement dite. Il faut une mini seringue, un microscope et beaucoup de doigté. "La reine est prête, reprend Mickael. Maintenant, il faut que j'arrive à rentrer au bon endroit. Il ne faut pas percer à côté." Dans trois semaines, si tout va bien, la reine pondra 2000 œufs par jour et ne sortira plus de sa ruche. Les mâles, eux, ne survivront pas à l'opération. En fait, l'insémination permet de sélectionner des abeilles. C'est comme pour tous les animaux d'élevage, chaque type est répertorié. "On va avoir peut-être 50, 100 ou 200 reines qui seront dans nos exploitations, mais aussi dans d'autres exploitations de collègues." 

"La priorité, c'est la douceur"


Les reines sont choisies bien sûr pour leur production de miel, leur résistance aux maladies. Mais ce n'est pas le principal critère de sélection. "La priorité, c'est la douceur. Quand je les mets dans les écoles, dans des collèges, dans des châteaux de la Loire, il ne faut pas que ça pique. Régulièrement, je fais caresser les abeilles. On peut toucher les abeilles, ça vibre, c'est chaud, on dédouane complètement l'appréhension et c'est génial de pouvoir faire ça et de faire comprendre aux gens que l'abeille, ce n’'est pas forcément dangereux." Et en effet, durant les trois heures de l'insémination, nous avons évolué parmi des milliers d'abeilles que nous avons frôlées, touchées sans la moindre protection et sans la moindre piqûre. 

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