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C'est mon époque. Un livre blanc des cosmétiques

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La plupart des fabricants de cosmétiques viennent d'éditer un livre blanc sur la composition de leurs produits. Ils veulent du luxe ethique et écologique. 

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Radio France
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Une maquilleuse travaille sur le visage d'une jeune femme. (MARTIN BUREAU / AFP)

C’est une première dans le monde des cosmétiques. Les professionnels de la beauté affichent 120 bonnes pratiques pour produire et consommer autrement. Un livre blanc de l’économie circulaire dans nos salles de bain. Ce n’est pas trop tôt. Il se vend chaque année en France près de 450 millions de cosmétiques en tout genre.

Ce livre blanc de la cosmétique publié par la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) est plutôt une bonne surprise parce que le secteur est critiqué : trop de substances indésirables, de plastique, de suremballage... On y découvre des marques qui préservent la biodiversité, conçoivent des formules, des emballages plus verts ou font des économies d’eau et d’énergie depuis plusieurs décennies. Par exemple L’Occitane en Provence a développé dans les années 1980 une filière équitable de beurre de karité au Burkina Faso. Phytomer encourage les producteurs locaux à récolter des algues, raisonnablement et à la bonne saison et extrait les actifs marins sans solvants. Klorane a été remarqué par l’Unesco pour ses plantations de dattiers dans le désert.

Une préoccupation récente pour les marques

L’environnement n’a pas toujours concerné les marques de luxe. Elles ont mis du temps à en prendre conscience, plus encore à le dire parce que parler fabrication, usine, ça ne faisait pas rêver. Mais les marques de luxe sont poussées par leurs jeunes clients. Ils veulent du luxe éthique.

Chanel y vient tout doucement, encore épinglé il y a 10 jours pour avoir décimé une forêt : pour son défilé couture, il fallait des arbres pour le décor au Grand Palais, à Paris. Mais Chanel est aussi capable de sortir de ses laboratoires une crème avec pas plus de 10 ingrédients, un exploit, et quasiment tous d’origine naturelle. Voilà un exemple d’écoconception. Guerlain aide à la protection de l’abeille noire d’Ouessant et utilise son miel dans sa gamme Abeille royale. Thierry Mugler, lui, trouvait si beaux ses flacons de parfum Angel qu’il n’imaginait pas qu’on les jette. D’où des emballages rechargeables dès 1992. Aujourd'hui, Dior, Givenchy, Kenzo proposent aussi des recharges pour certains de leurs parfums.

Des substances encore problématiques

Tout n’est pas rose pour autant. Il n'y a qu’à regarder le problème des microbilles de plastique dans les crèmes ou les gels. L’association européenne des professionnels de la beauté recommande la fin de ces particules polluantes mais d’ici 2020 seulement. Il y a aussi les huiles minérales issues de la pétrochimie, ou les silicones et les filtres UV des produits solaires, des ingrédients qui ne sont pas dégradables dans l’eau. Sans parler de ces substances indésirables toujours présentes dans nos cosmétiques mais bien cachés dans les étiquettes, au point d’avoir besoin d’une application (QuelCosmetic) tout juste créée par Que Choisir pour décoder les compositions.

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