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Apprentissage en France : en progrès, mais peut mieux faire

Le projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" prévoit des mesures pour favoriser l'apprentissage. Et changer son image.

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(KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lance lundi 23 avril une campagne de communication pour attirer davantage de jeunes vers l'apprentissage. Le projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" devrait être examiné  vendredi en Conseil des ministres. L'occasion de faire le point sur la situation de l'apprentissage en France.

La France compte 400 000 apprentis. C'est seulement 7% des jeunes de 16 à 25 ans. Dans les pays qui ont un faible chômage des jeunes, on tourne autour de 15%. Et on monte à 40% en Autriche, le pays où le taux de chômage des jeunes est le plus bas. Le gouvernement veut changer l'image de l'apprentissage.
Avec quelques arguments. Et notamment celui-ci : 70% des apprentis trouvent un emploi dans les sept mois qui suivent leur formation. C'est exactement le même taux que pour les bac +5 ! Donc apprentissage rime bien avec assurance contre le chômage.

Ces arguments passent tout doucement. Il y a bien une hausse de l'apprentissage.
Plus 1,9% en 2016 par rapport à 2015, les derniers chiffres dont on dispose.  L'augmentation vaut surtout pour le secteur public. 20% de hausse. Mais dans le privé, l'apprentissage patine. Plus 1,2% seulement.

L'apprentissage change en profondeur

L'apprentissage change de public, notamment. Le public traditionnel de l'apprentissage, l'apprenti coiffeur par exemple, est en net recul. 20 points de moins en dix ans, 36 points de moins en vingt ans. En revanche, ce qui monte, ce sont les formations supérieures. Les bac +2 surtout. 30 points de plus en vingt ans. Idem pour les formations les plus longues et les plus cotées, le diplôme d'ingénieur et le master. De bonnes progressions, même si en valeur absolue ça reste encore très modeste.

Les plus fortes progressions concernent surtout les métiers des bureaux, de service, tout ce qui touche à la finance, à la banque, aux assurances, a comptabilité et la gestion, les ressources humaines, le commerce, la vente et le transport. Mais le gros de la troupe, 70% des apprentis, trouvent encore aujourd'hui leur place dans les secteurs de production.

Des pistes pour faire décoller l'apprentissage 

Il y a des choses très concrètes comme l'aide au permis de conduire. C'est important parce quand les jeunes ont le permis, ils sont plus souvent en emploi que dans le cas contraire. Le projet de loi prévoit une aide de 500 euros pour que les apprentis puissent passer le permis. Autre mesure, repousser l'âge limite de l'apprentissage de 26 à 30 ans. Dix régions expérimentent la mesure depuis un an et demi.

(KENZO TRIBOUILLARD / AFP)