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Les travailleurs à domicile, moins bien payés et plus exposés, sont de plus en plus nombreux dans le monde

L'Organisation internationale du travail (OIT) alerte : les travailleurs à domicile sont de plus en plus nombreux et ils gagnent nettement moins que les autres. Ce sont aussi plus souvent des femmes et parfois même des enfants. Très peu de pays se préoccupent de leur statut.

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Une femme de ménage nettoie une salle de la faculté de médecine à Oblast de Donesk (Ukraine). Photo d\'illustration.
Une femme de ménage nettoie une salle de la faculté de médecine à Oblast de Donesk (Ukraine). Photo d'illustration. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Ils tissent du rotin en Indonésie. Ils fabriquent du beurre de karité au Ghana. Ils insèrent des mots-clés sur des photos numériques en Egypte. Ils modèrent des forums de discussion en recherchant les contenus violents ou pornographiques aux États-Unis. Ils télétravaillent en France. Ce sont les travailleurs à domicile. Ils représentent 8% de l'emploi mondial. Mais dans certaines régions comme l'Asie ou le Pacifique ils peuvent représenter 15% de l'ensemble des actifs.

Ce sont plus souvent des femmes que des hommes, notamment parce qu'elles assurent les tâches ménagères et que le travail à domicile leur permet d'avoir des revenus supplémentaires. On trouve parmi eux parfois des enfants, même des moins de 14 ans. Leur nombre devrait augmenter dans les années à venir, notamment comme conséquence de la crise du Covid-19. Et l'Organisation internationale du travail, l'OIT, tire la sonnette d'alarme sur leur statut.

Une charge de travail très irrégulière

Premier constat, ils sont moins bien payés que les autres. Et nettement. L'OIT affirme qu'en Grande-Bretagne, les travailleurs à domicile gagnent 13% de moins que ceux qui travaillent dans les locaux de l'entreprise. Mais cette différence est plus forte ailleurs. −22% aux États-Unis, 25% en Afrique du Sud, et jusqu'à50% au Mexique, en Argentine et en Inde.

Deuxième caractéristique : des journées de travail en accordéon, des périodes avec peu ou pas de travail, suivies par des journées intenses. Pour les télétravailleurs, l'OIT pointe nettement l'effacement des frontières entre le temps personnel et le temps professionnel.

Troisième trait marquant : une plus grande exposition aux risques. Risques dans la manipulation d'outils, de produits chimiques ou de substances toxiques, par exemple la colle à chaussures. Des gestes qui sont pratiqués sans formation et des risques qui concernent toute la famille du travailleur à domicile. Pour les télétravailleurs, l'OIT pointe notamment deux risques : les troubles musculo-squelettiques dûs à de mauvaises postures et le risque d'isolement social.

L'OIT recommande un accès à la formation. Elle souligne d'abord que seuls dix pays ont ratifié la convention qui garantit l'égalité des droits entre les travailleurs à domicile et les autres. La plupart des États ne s'en préoccupent pas. Pour les télétravailleurs, l'OIT recommande d'adopter, comme la France l'a fait, un "droit à la déconnexion". L'organisation recommande aussi un accès à la formation, ce qui pourrait accroitre leur productivité, leurs possibilité d'emploi et améliorer leurs revenus.

Une femme de ménage nettoie une salle de la faculté de médecine à Oblast de Donesk (Ukraine). Photo d\'illustration.
Une femme de ménage nettoie une salle de la faculté de médecine à Oblast de Donesk (Ukraine). Photo d'illustration. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)