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Les métiers du bâtiment font leur révolution

On attend plus de 300 000 visiteurs à partir de lundi et jusqu’à la fin de la semaine. Ce n’est pas l’exposition Léonard de Vinci au Louvre, mais le Mondial du bâtiment, qui se déroule à Paris nord Villepinte.

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Un ouvrier sur un chantier à la Défense, près de Paris, le 4 octobre 2019 (illustration).
Un ouvrier sur un chantier à la Défense, près de Paris, le 4 octobre 2019 (illustration). (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Ces métiers changent très vite ces dernières années, avec une première tendance : l’encadrement se renforce, le niveau s’élève. Le bâtiment voit ses effectifs de production – ouvriers, chefs d’équipe – baisser. Mais les effectifs des employés, des techniciens et des agents de maîtrise, eux, grimpent. Et ça n’est rien comparé au nombre de cadres et d’ingénieurs, qui lui s’envole littéralement.

Entre 2005 et 2015, les effectifs du BTP ont diminué de 14%. Et dans le même temps, le nombre des encadrants a progressé de 4%. Depuis, le marché du travail a repris des couleurs. L’Observatoire de métiers du BTP a enregistré 280 000 recrutements en 2018. Pôle emploi table sur 180 000 embauches dans le seul secteur de la construction.

De plus en plus de compétences nouvelles

Pourquoi cette hausse du niveau des emplois ? Plusieurs facteurs. D’abord tout ce qui concerne la transition numérique et énergétique. Les chantiers sont plus complexes. La réglementation elle aussi devient toujours plus touffue. Un exemple : sur les gros chantiers, on voit apparaître depuis quelques années ce que l’on appelle le BIM, pour "building information model". C’est une maquette en 3D de tous les composants d’un chantier. On y trouve par exemple toutes les informations disponibles sur les matériaux mis en œuvre, ou la fréquence de rotation des toupies qui fournissent le béton. Pour nourrir et lire ce BIM, il faut des compétences nouvelles. Que tous les corps de métiers vont devoir acquérir. De l’aveu de la fédération française du bâtiment, il y a là un immense besoin de formation.

Ce sont aussi des métiers qui sont en train de faire leur révolution numérique. Si vous croyez que pour être couvreur il suffit de savoir poser des tuiles sur un toit, vous vous trompez. Désormais, des couvreurs se transforment en pilotes de drones, pour pouvoir porter un diagnostic sur un toit sans avoir à y monter. Les métreurs ont vu leur métier se transformer grâce aux scanners, qui génèrent des nuages de points et vous assurent de ne plus jamais passer à côté d’un mur pas droit. Les électriciens font désormais plus de programmation que de pose. Dans tous ces métiers, comme dans la plupart de ceux du bâtiment, il faut se préparer à se former tout au long de la vie, à apprendre à apprendre. Les compétences de base sont nécessaires, mais elles ne suffisent plus.

Un ouvrier sur un chantier à la Défense, près de Paris, le 4 octobre 2019 (illustration).
Un ouvrier sur un chantier à la Défense, près de Paris, le 4 octobre 2019 (illustration). (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)