Cet article date de plus de cinq ans.

Les cadres s'estiment mal payés, selon un sondage

Un sondage de Cadremploi révèle que les cadres ne sont pas satisfaits de leur rémunération. Et pourtant, leur salaire est en très forte hausse.

Article rédigé par franceinfo, Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Des fiches de salaire éparpillées. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Les salaires nets augmentent ce mois-ci, grâce à la suppression d'une partie des cotisations salariales. Pourtant une majorité de cadres trouvent que ça n'est pas assez. Un sondage révèle qu'ils ne sont pas satisfaits de leur rémunération. Et pourtant, leur salaire est en hausse. La plus forte augmentation, même, enregistrée au cours de ces six dernières années, selon le tout dernier baromètre Randstad. Un outil qui dit d'ailleurs que même chez les non-cadres, la fiche de paie s'arrondit. Là aussi, on a, au premier semestre de cette année, la plus forte progression depuis cinq ans : +1,8% au premier semestre. Mais voilà, à en croire l'étude qu'a mené Cadremploi, les cadres ne s'en contentent pas. Ils seraient un peu plus de la moitié à être satisfaits de leur rémunération. Et même 16% "pas du tout satisfaits". Quand on leur demande pourquoi, ils répondent d'abord que leur rémunération n'est pas à la hauteur de leur investissement dans l'entreprise. En d'autres termes, vu les heures qu'ils font, ils ne sont pas assez payés. Et la deuxième raison invoquée, c'est qu'ils estiment qu'ils valent plus sur le marché. Ils ont parfaitement conscience de la pénurie de cadres qui sévit actuellement.

Une augmentation ou une démission

Du coup, ils comptent bien demander une augmentation. Ils sont près des deux tiers des quelque 3 000 cadres interrogés par Cadremploi à avoir l'intention de se rendre dans le bureau de leur boss pour lui demander une rallonge. Si vous avez l'intention de le faire aussi, vous vous sentirez donc moins seul ! La plupart d'entre eux, plus des trois quarts, seront quand même raisonnables : ils demanderont moins de 10% en plus. Ils vont surtout justifier leur demande en disant qu'ils ont atteint leurs objectifs mais on en trouve quand même 8% qui sont prêts à mettre le couteau sous la gorge de leur patron : c'est ça où je démissionne !


Pourtant le rapport de force est plutôt en leur faveur. Ils ont en effet de quoi tordre le bras de leur interlocuteur. L'Apec, l'association pour l'emploi des cadres, vient tout juste de sortir ses statistiques de recrutement pour le troisième trimestre. C'est simple, elles n'ont jamais été aussi bonnes depuis que cet indicateur a été créé !
Les deux-tiers des entreprises de plus de 100 salariés ont recruté au moins un cadre au cours du troisième trimestre. Et les prévisions sont très bonnes pour le quatrième. Le taux de chômage des cadres fait rêver. Il ne dépasse pas les 3,5%.
Même si les cadres seniors et les jeunes diplômés sans expérience ont encore du mal – un peu moins qu'avant – à tirer profit de cette conjoncture exceptionnelle.

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