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Le statut doré de l'expatrié n'est plus ce qu'il était

C’est en Suisse que les expatriés du monde entier préfèrent travailler. Et en Asie qu'ils comptent gagner le plus. Des expatriés dont le statut a bien changé…

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(© Maxppp - Le jet d'eau de Genève)

La Suise préférée

De l’air pur, de bons salaires, une bonne couverture santé : les expatriés du monde entier ont élu la Suisse comme le pays le plus agréable pour y travailler, selon une étude mondiale produite par HSBC.

Plus de neuf mille salariés ont été interrogés par la banque : la Suisse arrive donc première pour l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, mais c’est sur l’Asie, et notamment sur la Chine, que les expats misent pour gagner le plus d’argent au cours de leur expérience à l’étranger.

L’expatriation a longtemps été vue comme un moyen de vivre dans le luxe et de mettre des sous de côté

Sauf que depuis quelques années, le statut d’expatrié n’est plus ce qu’il était. Les entreprises continuent d'envoyer des salariés sur le terrain, en Asie, en Inde, en Amérique du sud ou au Moyen-Orient, mais ils sont « en contrat local ». C’est à dire qu’ils sont payés en monnaie locale, au tarif local. Beaucoup d’entreprises proposent quand même des « contrats locaux plus », avec une voiture, l’école des enfants et une partie du loyer prise en charge. Mais le tapis rouge de l’ « expat » - logement gratuit, salaire français, tous frais payés - ça n’est plus la règle. Selon les responsables du salon Monde Expat, environ la moitié des Français en poste à l’étranger seraient désormais en contrat local.

Derrière cette tendance, il y a bien sûr la volonté des entreprises de faire des économies

Mais il y a aussi la concurrence entre les volontaires à l'expatriation. Un récent sondage du Boston Consulting Group affirmait que quatre vingt quatorze pour cent des cadres français étaient partants pour passer une partie de leur carrière à l’étranger. Ils savent que leur avenir professionnel en dépend. Les jeunes diplomés, surtout, sont à l’affut de ces missions aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Asie. Plus d’un quart d’entre eux veulent y partir, selon le dernier baromètre Deloitte. Du coup, les employeurs se permettent de proposer des conditions plus frugales.

Et pour ceux, les plus hauts potentiels, à qui on veut quand même offrir des conditions d’expatriation dorées, les très grandes entreprises ont recours à ce que l’on appelle le « portage ». Le temps de sa mission à l’étranger, le cadre est embauché par une société située dans un pays où les charges sociales sont plus légères. Ce qui permet de préserver tous les avantages de l’expat classique : logement, voiture, santé, éducation des enfants et gros salaire. Une solution réservée quand même à quelques privilégiés.

(© Maxppp - Le jet d'eau de Genève)