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La construction et l’hôtellerie-restauration en tête des métiers qui abîment la santé

La construction et l'hôtellerie-restauration sont les plus mal classées, selon une étude sanitaire portant sur les professions les plus dangereuses pour ceux et celles qui les exercent. 

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Un chantier de construction dans le quartier de La Défense, près de Paris, en septembre 2017 (illustration).
Un chantier de construction dans le quartier de La Défense, près de Paris, en septembre 2017 (illustration). (LUDOVIC MARIN / AFP)

Quelles sont les professions les plus dangereuses pour ceux et celles qui les exercent ? Dans quels secteurs a-t-on le plus de risque de développer une maladie grave ? L'Institut national de veille sanitaire (INVS) a suivi un million et demi de personnes. Résultat, la construction et l'hôtellerie-restauration figurent parmi les domaines les plus mal classés.

Que ce soit pour les cancers, les maladies cardio-vasculaires ou les accidents cérébraux, on retrouve en effet systématiquement dans le peloton de tête les secteurs de la construction et l'hôtellerie-restauration. Sur le plan de la santé, si on regarde de plus près le domaine des tumeurs malignes, on voit que les secteurs les plus exposés sont la construction, en tête, suivie par les professions en lien avec les transports. Cela concerne par exemple ceux qui manipulent des marchandises ou qui entretiennent les réseaux et la métallurgie. Pour les accidents cardiaques, ce sont surtout les industries extractives, l'hôtellerie-restauration et les services aux entreprises. Pour les problèmes cérébraux, encore une fois l'hôtellerie-restauration, la construction et les services aux entreprises sont dans le haut du tableau. Pour les accidents de transport et pour les chutes, la construction se retrouve en tête.

Le rapport pointe du doigt l'intérim

Ce que l'enquête appelle "le sous-secteur sélection et fourniture de personnel", représente en fait les intérimaires. Il y a bien, pour eux, un excès de risque : 1,75 fois plus de risque de mortalité avant 65 ans que dans le reste de la population étudiée. Figurent aussi dans cette catégorie "fourniture de personnel", les activités juridiques et les cabinets d'architecture. Mais ces secteurs sont, en revanche, en-dessous de la moyenne pour les risques de mortalité. 
Le secteur de la santé et de l'action sociale est également désigné, cette fois pour le risque plus élevé de suicide. C'est le cas aussi dans l'administration publique et, une nouvelle fois... la construction.

Il y a des activités protégées

L'Institut de veille sanitaire affirme que les risques sont bien au-dessous de la moyenne pour les activités informatiques et le secteur financier. Pour ces deux secteurs, il y a 60% de risques en moins d'une mortalité prématurée que dans la moyenne de la population étudiée. 
Reste que dans l'ensemble, le travail préserve plutôt la santé. L'étude de l'INVS réaffirme ce principe bien connu. C'est ce que l'on appelle "l'effet du travailleur sain". Les taux de mortalité chez les personnes en activité sont systématiquement inférieurs aux taux observés dans la population générale. C'est à la fois lié à la sélection à l'embauche et au maintien dans l'emploi des individus en meilleure santé. Le travail protège, les travailleurs sont mieux suivis, mais en réalité le travail écrème, sélectionne....

Un chantier de construction dans le quartier de La Défense, près de Paris, en septembre 2017 (illustration).
Un chantier de construction dans le quartier de La Défense, près de Paris, en septembre 2017 (illustration). (LUDOVIC MARIN / AFP)