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L'intelligence artificielle pourrait créer des "collaborateurs augmentés"

L'intelligence artificielle est déjà dans notre vie quotidienne et elle arrive dans notre environnement de travail. Si les patrons sont enthousiastes, les salariés sont plus méfiants.

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Un ordinateur qui obéit parfaitement à la voix grâce à l\'intelligence artificielle, à Paris, le 18 janvier 2005.
Un ordinateur qui obéit parfaitement à la voix grâce à l'intelligence artificielle, à Paris, le 18 janvier 2005. (MAXPPP)

L'intelligence artificielle fait désormais partie de notre vie quotidienne. C'est elle qui décide du prix d'un billet d'avion, ou qui, en épluchant des millions de photos sur Instagram, prédit les tendances de la mode. Elle décide également si une tumeur cancéreuse est opérable ou pas. L'intelligence artificielle est déjà partout. L'année 2018 pourrait être l'année de son passage à l'échelle industrielle, selon le Boston consulting group, qui vient tout juste de publier un rapport très complet sur ce sujet.

L'intelligence artificielle est partout, mais elle reste mal connue : seulement 12% des dirigeants et 24% des salariés savent précisément de quoi il s'agit. Les dirigeants s'enthousiasment : plus des trois-quarts d'entre eux voient l'intelligence artificielle comme "une bonne chose", tandis que les salariés sont réservés. 40%  en ont une perception positive et un tiers ne se prononce pas.

La crainte d'une perte du contact humain

Les salariés ont peur d'une déshumanisation du travail. Il redoutent aussi une perte du lien social. Les dirigeants anticipent surtout plus de contrôle et de reporting. Un fléau pourtant déjà présent en entreprise. Dans l'ensemble, le Boston Consulting group, un cabinet de conseil, juge les entreprises françaises encore peu préparées à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Une entreprise sur cinq serait prête, surtout les grandes. Mais paradoxalement, quand on se compare aux autres, c'est plutôt mieux que dans la plupart des pays développés.

Le cabinet de conseil distingue plusieurs catégories de travailleurs. Il y a ceux qui pourraient être purement et simplement remplacés. On estime leur proportion à moins de 10%. D'autre part, il y a tous ceux, le plus grand nombre, qui pourraient se transformer en "collaborateurs augmentés", comme on parle de la réalité augmentée. Ils verraient la partie la plus répétitive et la plus pénible de leur tâche, prise en charge par l'intelligence artificielle. C'est le cas par exemple des contrôleurs financiers ou des avocats, qui se débarrasseront de la compilation de données pour se consacrer aux tâches à plus forte valeur ajoutée comme l'analyse.

Une réduction des risques d'erreur ?

Pour les métiers en relation avec la clientèle, ce serait plus de temps de meilleure qualité avec le client. Une relation enrichie et personnalisée grâce aux conseils reçus en temps réel de la part de l'intelligence artificielle. Les dirigeants interrogés pour cette étude y voient une réduction des risques d'erreur, une réduction des tâches dangereuses et une amélioration de l'intérêt du travail. On croise les doigts pour qu'ils aient raison.

Un ordinateur qui obéit parfaitement à la voix grâce à l\'intelligence artificielle, à Paris, le 18 janvier 2005.
Un ordinateur qui obéit parfaitement à la voix grâce à l'intelligence artificielle, à Paris, le 18 janvier 2005. (MAXPPP)