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C'est mon boulot. Un professeur américain annonce l'invasion des "sales cons" au travail

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Robert Sutton, professeur de management à l'université de Stanford, revient avec un nouveau livre où il assure que dans le monde du travail, il y a de plus en plus de "assholes", sales cons en français. Son titre : The assholes survival guide (Le guide de survie anti-connards).

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Radio France
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"The Asshole survival guide" (Material)

C'est un livre qui fait du bruit aux Etats-Unis. Il est signé par un professeur de management à la célèbre université de Stanford. Robert Sutton s'était fait connaître par son livre Objectif zéro sale con, vendu à 800 000 exemplaires. Il revient avec un nouveau livre, The assholes survival guide, et plusieurs articles dans des grandes revues américaines, où il assure que dans le monde du travail, de ces sinistres individus, il y en a de plus en plus.

Il faut commencer par un petit point de sémantique. Robert Sutton parle de la prolifération des "assholes". Pour ceux qui parlent couramment l'américain, pas besoin de traduction. Pour les autres, l'adaptation qui me semble la plus fidèle – et celle retenue par son éditeur français – est effectivement "sale con". Mais "connard" peut tout aussi bien faire l'affaire. La dernière théorie du respecté professeur Sutton, c'est que, ces "sales cons", il n'y en aurait jamais eu autant dans le monde du travail. Il y aurait comme une épidémie, comme un phénomène de contagion. D'après lui, en 2017, les gens se lâchent comme jamais.

De plus en plus de...

Et il y en aurait donc de plus en plus parce que Sutton explique que l'exemple vient d'en haut. Sutton fait bien sûr référence à Donald Trump, à son entourage de conseillers, mais aussi au patron d'Uber. Ou encore à cet entrepreneur qui avait racheté un médicament pour pouvoir mieux le revendre 5 000 fois plus cher. "Plus vous êtes entouré par des sales cons, plus vous devenez un sale con". Si votre patron en est un, il y a de forts risques pour que, selon la désormais célèbre théorie du ruissellement, ça déteigne sur tout le monde, en cascade..

Toute la thèse de Robert Sutton, c'est que la "saleconite" s'attraperait comme un vulgaire rhume. Pour lui, "Les mauvais comportements se répandent beaucoup plus vite que les bons, malheureusement". Même une "exposition unique" suffit. Un mail insultant, et voilà, vous êtes contaminé. Les mails et les réseaux sociaux, qui nous évite le contact direct, favoriseraient d'ailleurs l'épanouissement des "sales cons".

Qu'est-ce que Robert Sutton entend par ce mot ?

Robert Sutton en donne une définition lumineuse : il s'agit de quelqu'un qui "abaisse, épuise et manque de respect aux autres". C'est beau comme une définition de l'Académie française.

Pour s'en préserver, Sutton donne notamment deux conseils. D'abord mettre de la distance. Vous avez quatre fois plus de chance de communiquer régulièrement avec quelqu'un qui est assis à deux mètres de vous qu'avec une personne assise à vingt mètres. Et adopter une attitude d'entomologiste. Quand on en voit un, se dire "Oh, le beau, quelle chance j'ai d'en observer un d'aussi près !"

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