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C'est mon boulot. Travailler dans une start-up, rêve ou cauchemar ?

Le CES, le salon de l'électronique grand public, ouvre ses portes mardi à Las Vegas. 274 start-up françaises – un record – font le déplacement. Mais travailler dans une start-up, est-ce vraiment le rêve ?

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Les locaux d\'une start-up à Toronto, au Canada. 
Les locaux d'une start-up à Toronto, au Canada.  (BERNARD WEIL / TORONTO STAR / GETTY IMAGES)

Quelque 274 start-up françaises sont présentes au CES de Las Végas qui débute mardi 9 janvier. Travailler dans une jeune entreprise à fort potentiel de croissance fait rêver beaucoup de Français. Selon un sondage BVA pour les trophées Médias RH, 42% des personnes interrogées se verraient bien rejoindre l'une de ces jeunes pousses. C'est surtout vrai pour les jeunes, les 15-29 ans. Chez eux, la proportion dépasse la moitié des répondants à ce sondage. Les plus de 50 ans sont un peu moins attirés mais sont quand même un tiers à vouloir tenter l'aventure. 

Moins de stress et plus de liberté

Actuellement, seulement 3% des salariés français travaillent dans une start-up. Et si l'on en croit les intéressés, évoluer dans une jeune pousse c'est d'abord un bien-être au travail bien supérieur à la moyenne. Il a été mesuré tout récemment par l'Ifop auprès des salariés de la French Tech, c'est à dire tout l'écosystème des start-up françaises. Résultat : un bien-être au travail mesuré à 7,97 sur 10, contre 6,50 sur 10 pour le reste de la population. C'est aussi un niveau de stress moins élevé : 25% des salariés s'y disent stressés, contre 38% dans les entreprises traditionnelles.

Parmi les points forts, l'environnement de travail d'abord. Les start-up s'installent dans le centre des villes, elles soignent leur décor, elles apportent des éléments de confort. On se sent au travail comme à la maison. Deuxièmement, la culture d'entreprise et le sentiment d'appartenance. Tout le monde a le même âge, la même vie, les mêmes références. Et tous partagent le même projet : "disrupter", bouleverser un secteur, apporter un nouveau service. Enfin, l'absence de hiérarchie : un ou deux fondateurs et tout le monde sur le même pied d'égalité. Une grande place est laissée à l'initiative individuelle et on peut multiplier les casquettes, acquérir des compétences dans plusieurs domaines en même temps.

Des salaires qui ne sont pas à la hauteur

Quant aux inconvénients, c'est tout d'abord le salaire. Il est globalement inférieur à celui du marché. On parle de 20% de moins. Comprises entre 24 000 et 32 000 euros brut par an, ces rémunérations sont en outre sans rapport avec le nombre d'heures travaillées. Les heures supplémentaires ne sont généralement pas comptées. Et puis il y a aussi le revers de cette convivialité poussée à l'extrême. Une "injonction à être heureux" qui peut finir par lasser.

Les locaux d\'une start-up à Toronto, au Canada. 
Les locaux d'une start-up à Toronto, au Canada.  (BERNARD WEIL / TORONTO STAR / GETTY IMAGES)