C'est mon boulot, France info

C'est mon boulot. Ces métiers de lève-tôt : Moktar, agent d'entretien et grand sportif

Après avoir fêté les 30 ans de France Info, en 2017, en interrogeant ceux qui font le même métier depuis trente ans, "C'est mon boulot" s'intéresse, tous les vendredis, aux travailleurs du matin, ceux qui se lèvent tôt pour aller au boulot. Avec aujourd'hui un agent d'entretien.

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franceinfoPhilippe DuportRadio France

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Moktar, technicien de surface à Radio France.
Moktar, technicien de surface à Radio France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Il s'appelle Moktar, il est d'origine ivoirienne. Il est agent d'entretien et se lève à 4 heures du matin depuis 18 ans pour que nous ayons des bureaux et des studios nickel, à Radio France. Il habite à Eragny, dans le Val-d'Oise. Il met son vélo dans le train. Et son grand plaisir du matin, c'est de sillonner Paris, seul, à vélo : "Quand j'arrive de Saint-Lazare en passant par la Concorde, la Madeleine, je me vois tout seul sur la route avec mon vélo, c'est comme si Paris m'appartenait."

L'après-midi, du sport pour se "charger à bloc"

Ses horaires très matinaux, il ne s'en plaint pas, bien au contraire : "Comme je travaille de 6h30 à 12h30, j'ai tout l'après-midi pour exercer ce qui me plait." Le secret de Moktar pour rester en forme : le sport, à haute dose, malgré ses 64 ans, il en parait d'ailleurs au moins dix de moins : "Je fais un peu de VTT et de course à pied, alors je suis rechargé à bloc. Je m'entraine deux ou trois fois par semaine en faisant des 14 ou 16 kilomètres."

Il en parle discrètement, mais il fait quand même trois compétitions dans l'année. Et le week-end, pour casser le rythme, Moktar a son truc :"En week-end, je suis obligé de dormir à trois heures du matin pour ne pas me réveiller à quatre heures du mat'. Si je me couche de bonne heure, je me réveille à quatre heures parce que j'ai toujours à l'esprit que je dois aller travailler et des fois les samedis et les dimanches  je me demande quel jour nous sommes".

Travailler de nuit impose souvent des sacrifices financiers. "J'avais une dame qui s'occupait des enfants qui était  à la maison et qui emmenait les enfants à l'école et qui allait les chercher parce que ma femme partait à huit heures, jusqu'à ce que les enfants soient grands". Une employée qui lui a coûté quand même 573 euros par mois quand il en gagnait 1 280 euros.

Moktar, technicien de surface à Radio France.
Moktar, technicien de surface à Radio France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)