Troubles de la perception visuelle et maladie d’Alzheimer

écouter (3min)

Petite perte de mémoire, difficultés à reconnaître des personnes, ça y est, impossible de ne pas y penser, on se dit c’est un début d’Alzheimer. Et pourtant, c’est peut-être simplement un problème de vue.

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Il faut régulièrement faire surveiller ses yeux après 50 ans. (Illustration) (JEREMY POLAND / E+ / GETTY IMAGES)

Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5 évoque aujourd'hui une question de santé qui intéresse les personnes concernées par des problèmes de vue liés à l'âge et à la vieillesse. 

franceinfo : Selon les résultats d’une étude australienne originale, il faudrait en fait penser à tester l’état des yeux avant de craindre le pire pour le cerveau ?

Géraldine Zamansky : Exactement. Ces scientifiques australiens nous alertent après avoir fait passer deux fois les mêmes tests à des volontaires en parfaite santé. Ces tests sont utilisés pour évaluer les performances du cerveau. Pour savoir s'il souffre effectivement d’un début de maladie d’Alzheimer par exemple.

Et pendant une des deux séries de tests, les volontaires devaient porter des lunettes bizarres. Des lunettes qui imitent la baisse de vision provoquée par une maladie, la DMLA. La dégénérescence maculaire liée à l’âge abîme la zone de la rétine qui nous permet de voir net. Ses effets, peuvent être beaucoup plus insidieux que le classique besoin de lunettes pour voir de près à la quarantaine.

Dans la DMLA, les images deviennent parfois légèrement floues, surtout au centre, il faut plus de lumière. C’est lent et les personnes âgées n’arrivent pas forcément à identifier ce qui leur arrive pour chercher de l’aide.

Et avec les lunettes de DMLA, les volontaires ont-ils moins bien réussi les tests ?

Pour un des tests, il fallait réagir très vite à l’apparition d’un point lumineux. Résultats : des scores très diminués en portant les lunettes DMLA. Avec pourtant un cerveau en parfaite santé. C’est impressionnant. Les auteurs australiens de cette étude alertent donc les professionnels concernés.

Il faut tester les yeux des patients avant de tester leur cerveau. Car à cause des symptômes insidieux de la DMLA, son diagnostic est parfois tardif. Et comme en plus les personnes touchées ont du mal à reconnaître un visage puisque l’image est trop floue, "ça colle" avec les tests ratés, on accuse leur mémoire et on leur annonce une sorte de pré-Alzheimer alors que c’est leur vision qui les lâche ! Un cauchemar.

Il faut donc parfois consulter un ophtalmologue avant de faire évaluer sa mémoire ?

Cela dépend bien sûr quand même des contextes. Mais ce qui est certain, c’est qu’il faut régulièrement faire surveiller ses yeux après 50 ans. Car ils sont aussi menacés par le glaucome ou la plus célèbre cataracte. Diagnostic et traitement peuvent alors protéger la vue. Et pas seulement. Une étude a montré que les personnes opérées de leur cataracte avaient moins de risque de démence que celles qui restaient avec leur vision dégradée.

En très bref, bien voir permet d’être plus actif et donc de mieux stimuler son cerveau ! Malheureusement, il peut être parfois difficile de trouver un rendez-vous chez l’ophtalmologue mais on comprend bien que cela vaut la peine !

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.