Coupe du monde 2022 : les risques d'une commotion cérébrale

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La Coupe du monde et les risques que courent les footballeurs, notamment en cas de choc violent au niveau de la tête. Le choc du gardien de but iranien cette semaine avec un de ses coéquipiers permet de rappeler les risques de la commotion cérébrale et les bonnes mesures à prendre immédiatement. 

Article rédigé par
Géraldine Zamansky - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le gardien de but iranien Alireza Beiranvand, victime d'un choc violent lors du match de Coupe du monde entre l'Angleterre et l'Iran,  le 21 novembre 2022 à Doha.  (WANG DONGZHEN / XINHUA / MAXPPP)

A l'occasion de la Coupe du monde de football, Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5 évoque aujourd'hui une menace qui plane sur un grand nombre de sports : la commotion cérébrale.

franceinfo : La commotion cérébrale, c'est la conséquence d’un coup reçu au niveau de la tête, comme ont pu le voir les fans de foot cette semaine ?

Géraldine Zamansky : Effectivement, ces fans ont vu des scènes impressionnantes. Deux joueurs se sont heurtés "en pleine face", un autre a reçu un genou sur son visage. Ces chocs ont entraîné une commotion cérébrale, une souffrance au niveau du cerveau.

Elle peut se traduire immédiatement par une perte de connaissance, des troubles de l’équilibre, de la mémoire ou du langage. Ou plus discrètement, quelques heures plus tard. Avec parfois des difficultés qui durent plusieurs jours à plusieurs semaines.

Il faut une bonne prise en charge, en pleine Coupe du monde bien sûr, mais aussi pour tous les inconnus qui peuvent être touchés, joueurs amateurs sur les terrains de sport, ou après une simple chute dans la rue.

Le problème, c’est cette diversité de symptômes ?

Exactement, la difficulté vient de la variété des commotions cérébrales, comme me l’a rappelé le Dr Jean-François Chermann, neurologue devenu spécialiste de ces blessures très complexes. La perte de connaissance n’est pas systématique. Et le cas du gardien iranien, qui a d’abord voulu continuer à jouer, n’est pas rare, surtout quand la pression est très forte.

Mais quelques minutes plus tard, il a titubé et demandé à s’arrêter. Heureusement. Un second traumatisme peut alors avoir des conséquences dramatiques sur le cerveau, souligne le Dr Chermann. Mieux vaut quitter le terrain pour faire un bilan complet. C’est d’ailleurs le protocole récemment mis en œuvre au rugby, très concerné par ce problème.

Apparemment, ce n’est pas encore le cas pour le football, alors que ces signes montrent que le fonctionnement du cerveau est atteint ?

Tout à fait. Mais pour compliquer les choses, cette atteinte ne se voit pas avec un simple scanner. Il faut une autre consultation spécialisée, trois jours après. Les maux de tête doivent être pris très au sérieux par exemple. Car le Dr Chermann insiste : la menace maximale vient de la répétition, surtout rapprochée.

D’ailleurs d’anciens grands joueurs de rugby viennent de porter plainte contre leur fédération internationale, pour défaut de protection, car ils souffrent de démence précoce, et soupçonnent un lien avec les commotions subies sur le terrain.

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