Appareils auditifs : attention aux risques d'escroquerie

Si vous êtes déçus par vos appareils auditifs, c’est peut-être qu’ils ont été mal choisis ou mal réglés. L'Assurance Maladie lance une alerte et invite toutes les personnes concernées, à adopter "les bons réflexes face aux pratiques frauduleuses".
Article rédigé par franceinfo - Géraldine Zamansky
Radio France
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Temps de lecture : 3 min
Appareils auditifs, attention aux arnaques : dans 90% des cas, même avec un appareil remboursé à 100%, il doit y avoir une amélioration dès les premiers jours, et bien sûr le premier mois. (Illustration) (SANTIAGO URQUIJO / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé sur France 5, nous parle aujourd'hui de l’alerte lancée par l’Assurance Maladie sur tous les risques d’arnaques dans le domaine des aides auditives. Elle a mis à jour ses messages d'information pour essayer de mettre les patients à l'abri des arnaques.

franceinfo : Que souligne cette alerte lancée par l'Assurance Maladie ?
 
Géraldine Zamansky : L'Assurance Maladie vient de préciser, je cite, "les bons réflexes à adopter face aux pratiques frauduleuses", dans le domaine des prothèses auditives. C’est une réponse à la multiplication de ces fraudes, depuis la réforme du 100% santé en 2021. En créant un accès à des appareils entièrement remboursés, cette réforme a attiré dans ce secteur des acteurs sans scrupule.

Avec un coût financier, mais surtout humain, pour les personnes qui n’ont pas reçu de bons dispositifs, comme le constate régulièrement le Pr Jérôme Nevoux, ORL à l’Hôpital Bicêtre en région parisienne. Il regrette ces mois, voire ces années perdues, en entendant toujours mal. Car le temps joue alors contre le cerveau, de plus en plus en difficulté pour s’habituer à ces appareils.

Ces personnes ont reçu des prothèses auditives défectueuses ?

En fait, il peut y avoir plusieurs types de défaillance. Celle qu’observe le plus souvent le Pr Nevoux, c’est l’absence totale d’accompagnement. D’abord pendant le mois de test, obligatoire avant tout achat. Chaque appareil doit être réglé, oreille par oreille, avec une mise en route progressive pour réintroduire en douceur les sons perdus. Il découvre souvent des prothèses "sorties d’usine", sans aucune adaptation.

Comment s’en apercevoir rapidement ? Le Pr Nevoux est formel : dans 90% des cas, même avec un appareil remboursé à 100%, il doit y avoir une amélioration dès les premiers jours, et bien sûr le premier mois. Sinon, surtout, ne pas prendre ces appareils.

Il faut donc très bien choisir son audioprothésiste ? 

Si l’ORL n’en conseille pas, il faut au moins une recommandation de personne satisfaite, avec un suivi régulier, également obligatoire. L’Assurance Maladie insiste aussi sur l’importance d’un devis qui précise l’ensemble. Et dénonce surtout l’illégalité du moindre démarchage par SMS, voire, pire, à domicile. Ou encore des dépistages rapides, incitant à demander une ordonnance à son généraliste

Tout doit partir d’un véritable audiogramme, et d’une prescription réalisée par un spécialiste. Luis Godinho, vice-président du syndicat des audioprothésistes, partage entièrement ces messages d’alerte. Il réclame une régulation renforcée de sa profession, qui serait sur le bureau du ministère de la Santé. En attendant, chacun doit vraiment être vigilant.

La liste de tous les réflexes à adopter face aux pratiques frauduleuses

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