Reprise de l'épidémie en Europe : comment rester prudents ?

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Les contaminations atteignent un niveau très inquiétant dans de nombreux pays d’Europe, et notamment en Allemagne. Et elles augmentent aussi, bien que dans des proportions moindres, en France. Pourtant on constate, de plus en plus, un relâchement dans les gestes barrières. 

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Radio France
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Une cinquième vague de contamination au Covid-19 en Europe avec des pays plus touchés que d'autres. Ce virus qui touche toute la planète depuis presque deux ans, nous oblige à faire face à des difficultés psychologiques très particulières. (ANTON PETRUS / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Le nombre de cas positifs au Covid-19 repart à la hausse depuis deux semaines en France. La cinquième vague a bien atteint notre territoire alors que les contaminations atteignent un niveau très inquiétant dans de nombreux pays d’Europe, et notamment en Allemagne. Et on constate, de plus en plus, un relâchement dans les gestes barrières. Le décryptage de la psychanalyste Claude Halmos.

franceinfo :  La question se pose de savoir comment l’on peut, dans ce contexte de relâchement, expliquer qu’il faut rester prudents ?  

Claude Halmos : Le relâchement des gestes barrières est difficile à combattre. D’abord parce qu’il dû à une lassitude compréhensible, légitime, et renforcée de plus par l’idée que les efforts faits en matière de vaccination, les rendraient inutiles. Mais surtout parce que, beaucoup plus profondément et de façon en grande partie inconsciente, il est lié aux difficultés psychologiques très particulières auxquelles, depuis le début, ce virus nous confronte.  

Vous pouvez nous expliquer ces difficultés ?  

Quand on écoute les très nombreuses personnes qui sont aujourd’hui déstabilisées, on se rend compte que beaucoup sont renvoyées – et de façon exacerbée – à des problématiques d’enfance que cette période a comme réveillées.

D’abord une incrédulité face à l’idée qu’il puisse exister à notre époque, une maladie qui pose, aussi longtemps, autant de problèmes à toute la planète. Cette incrédulité évoque celle de l’enfant qui, quand on lui dit que son grand-père est très malade et qu’il va peut-être mourir, n’arrive pas à croire que l’on ne puisse pas l’empêcher. Et elle renvoie à une difficulté plus globale, face aux limites de la réalité, et au sentiment d’impuissance qu’inévitablement, elles entraînent. Là encore, comme l’enfant qui croit que manger tous les chocolats de la boite ne le rendra pas malade, et que c’est seulement pour l’embêter que les adultes l’en empêchent.

Et les théories "complotistes" d’ailleurs, jouent sur ces difficultés : "on sait bien qu’un virus comme ça ne peut pas exister. Donc il est une invention des autorités qui veulent nous priver de liberté, etc.".  

Comment sortir de ces difficultés ?  

Refuser la réalité est un combat épuisant, et de toute façon perdu d’avance, car il ne la fait jamais disparaître. Il est donc certainement plus rentable d’accepter la réalité de la pandémie, et donc la nécessité des gestes barrières ; en les considérant non pas comme des actes de soumission, mais comme une arme, qui nous permet de combattre notre impuissance.

Mais ce n’est pas magique. Parce que les respecter suppose de faire beaucoup d’efforts et que notre société, à qui l’on a beaucoup prêché l’épanouissement sans limites, a du mal à le supporter. Comme elle a du mal, d’ailleurs, à prendre en compte l’intérêt collectif. Et, à ce titre, on peut dire que, si cette pandémie nous ramène à l’enfance, elle est aussi un révélateur de problèmes profonds de notre société.                                                           

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