C'est dans ma tête, France info

C'est dans ma tête. Le harcèlement de rue.

Depuis qu’ont été révélés les agissements d’Harvey Weinstein, de plus en plus de femmes dénoncent les agressions qu’elles ont subies. En ce qui concerne le harcèlement de rue, une loi est annoncée pour 2018.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
franceinfoClaude HalmosRadio France

Mis à jour le
publié le

Affiche contre le harcèlement de rue
Affiche contre le harcèlement de rue (ASSOCIATION STOP)

la gravité, sur le plan psychologique

   Le harcèlement de rue est destructeur pour les femmes parce que si elles sont un tant soit peu séduisantes, elles sont vouées à devenir- dans l’espace public- des "proies" pour des hommes qui les considèrent comme des objets de consommation. 

Dans un rapport de séduction normal, une femme qui se sent désirée par un homme, n’a pas le sentiment d’être une proie. D’une part parce qu’elle est considérée par cet homme comme une personne à part entière qui peut accepter ou refuser ses avances. Et d’autre part, parce qu’elle se sent choisie et désirée en tant qu’elle même, la personne singulière qu’elle est.

Dans le harcèlement, tout est différent. Parce que, dans ce cas, la femme n’est pour le harceleur, qu’un objet qu’il pense pouvoir utiliser sans lui demander son avis. Et, de surcroît un objet parfaitement interchangeable : s’il ne parvient pas à ses fins avec elle, il essaiera avec une autre. Donc il y a toujours pour une femme, dans le harcèlement de rue, en plus de la peur, de la gêne et de la honte, une mise en cause très profonde de l’image qu’elle a d’elle-même.  

 Comment expliquer l'attitude des harceleurs?

Pour des raisons d’ordre sociétal, d’abord.  

Parce que, si les femmes ne sont toujours pas considérées comme les égales des hommes dans le monde du travail, elles ne le sont pas non plus sur le plan de la sexualité.

On reconnaît, aujourd’hui, l’existence d’un désir féminin mais on ne lui accorde toujours pas la même valeur qu’au désir masculin. Il y a toujours l’idée d’une hiérarchie des désirs et d’une soumission nécessaire de la femme à celui de l’homme.

Et puis il y a des facteurs d’ordre personnel. Parce que les harceleurs sont des hommes qui méprisent les femmes. Mais qui, en même temps, ont peur de leur désir. Ce qui les oblige à le nier et à cacher leur peur derrière la comédie d’une toute puissance qu’ils croient virile. 

Pourquoi ont-ils ce rapport aux femmes ?

     A cause de ce qu’ils ont vécu et, notamment, parce que personne ne les a aidés, dans leur enfance, à comprendre la différence des sexes.

Quand un enfant découvre la différence des sexes, il s’en tient à ce qu’il voit : les garçons ont un pénis, apparent, les filles n’en ont pas. Et il peut en conclure que les filles sont des êtres inférieurs à qui il manque quelque chose.

Il a donc besoin qu’un adulte lui explique que chaque sexe a des organes différents mais d’égale valeur. Et qu’il faut un élément issu de chaque sexe pour faire un enfant.  

Cela permet à l’enfant de comprendre que sa mère qu’il croyait toute puissante, capable de faire les enfants seule etc… ne l’est pas. Et que, donc, les femmes ne sont ni toute puissantes ni dangereuses. Mais de comprendre aussi qu’elles ne sont pas non plus inférieures.

Les harceleurs n’ont pas eu cette éducation à la sexualité qui est essentielle et à laquelle il est essentiel que les hommes -et en premier lieu, les pères- participent.   

Affiche contre le harcèlement de rue
Affiche contre le harcèlement de rue (ASSOCIATION STOP)