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C'est dans ma tête. La Toussaint : les enfants et la mort

La journée de ce jeudi 1er Novembre, fête de La Toussaint, a été pour de nombreuses familles, l’occasion de célébrer leurs morts et, pour certaines, d’aller se recueillir sur leurs tombes.

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Le cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 23 avril 2018.
Le cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 23 avril 2018. (MANUEL COHEN / AFP)

De nombreuses familles se sont recueillies sur les tombes de leurs morts ce jeudi 1er novembre, fête de la Toussaint. Une manière de célébrer leurs chers disparus, et dans certaines familles, les enfants ont parfois été associés à ces visites, mais pas toujours, parce que de nombreux parents ne parviennent pas à leur parler de la mort.  

Pourquoi les parents ont-ils tant de difficultés à parler de la mort à leurs enfants ?    

En premier lieu, parce que - c’est une banalité de le rappeler - le domaine de l’enfance, et celui de la mort, ne sont pas éloignés seulement en termes d’années, ils le sont aussi en termes d’image.  

L’enfance est synonyme de bonheur, de lumière et d’avenir, alors que la mort se situe à l’opposé de tout cela. Un parent peut donc redouter (inconsciemment) de mettre, même par le seul biais de la parole, son enfant en contact avec la mort. D’autant qu’il peut se sentir impuissant à l’en protéger, car la mort - c’est sa caractéristique essentielle - est la seule limite que l’on sait ne pas pouvoir abolir.

 La mort, une limite pour tous, qu'on ne peut abolir

Nous vivons à une époque où le fantasme que l’on pourrait abolir toutes les limites est plus présent que jamais, notamment parce que la science permet de faire reculer un grand nombre d’entre elles. Et ce, y compris dans des domaines, comme la modification du sexe anatomique d’un corps, par exemple, où cela pouvait sembler, il y a peu de temps encore, impossible.

Ces avancées scientifiques sont très positives, mais elles sont psychologiquement plus difficiles à vivre qu’il n’y parait, parce qu’elles peuvent conduire à une illusion de toute puissance absolue. Une illusion qui peut, pour certaines personnes, rendre l’idée de la mort, et surtout le fait qu’elle soit inéluctable, plus insupportable encore.

Certains parents peuvent donc avoir l’impression qu’ils vont, s’ils lui parlent de la mort, terrifier leur enfant ; parce qu’ils lui prêtent, sans le savoir, une terreur qui est en fait la leur.

Les parents sont aussi victimes de l’idée, toujours très répandue, que cacher la vérité aux enfants, pourrait les protéger

Claude Halmos

Alors que c’est toujours le contraire qui se passe : la vérité, à condition bien sûr qu’ils soient accompagnés pour la supporter, est la seule chose qui protège les enfants.        

Comment peut-on expliquer la mort aux enfants ?  

On peut, je crois, leur expliquer, simplement, que tout ce qui, sur terre, est vivant, a une durée de vie limitée. Les cailloux ne meurent pas, parce qu’ils ne sont pas vivants. Mais les plantes, les animaux, et les humains meurent.  

Et il est important d’ajouter, pour que l’enfant ne se mette pas à s’angoisser pour tous les gens qu’il aime, que les humains ne meurent que lorsqu’ils sont très vieux. Sauf bien sûr, s’ils ont des maladies très graves, mais en précisant bien que les médecins savent aujourd’hui soigner, de mieux en mieux, de plus en plus de maladies.  

Il est important de ne jamais cacher aux enfants les morts qui surviennent dans leur entourage, et de leur permettre de participer aux enterrements

Ils peuvent ainsi comprendre que, quand un être humain meurt, son corps disparaît, mais qu’il reste dans la tête et le cœur de ceux qui l’aimaient, sa mémoire, qu’ils peuvent transmettre à leurs enfants.  

Le cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 23 avril 2018.
Le cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 23 avril 2018. (MANUEL COHEN / AFP)