C'est comment ailleurs ? , France info

C'est comment ailleurs ? La GPA au Cambodge

Alors que les Français sont majoritairement favorables à la gestation pour autrui, franceinfo s’intéresse au Cambodge qui a récemment interdit cette pratique

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
franceinfoGérald RouxRadio France

Mis à jour le
publié le

.
. (MANSI THAPLIYAL / X02790)

Si la France interdit la GPA, le Cambodge est devenu ces dernières années l'une des destinations phare du business de mères porteuses. Ce pays a profité de l'interdiction de la GPA chez son voisin la Thaïlande en 2015.

Mais en novembre 2016, le Cambodge a interdit cette pratique à son tour, ce qui a chamboulé les habitudes prises récemment par les mères porteuses et par les parents en attente de bébé. 

Boom de la GPA au Cambodge

Quand la Thaïlande et l'Inde ont fermé des cliniques spécialisées dans ce commerce il y a deux ans, il y a eu un afflux de demandes au Cambodge venant de l'étranger. Cette industrie procréative acceptait aussi bien les couples homosexuels que les célibataires. Les prix pour les services d'une mère porteuses y étaient bien moins élevés que ceux pratiqués aux Etats-Unis. Au Cambodge, il existait une cinquantaine de cliniques spécialisées, que certains appellent des "usines à bébés". 

Interdiction 

Du jour au lendemain, le ministère de la Santé a envoyé une note aux cliniques en novembre 2016 pour leur dire que la GPA était absolument interdite. Le gouvernement veut aussi une loi pour protéger les femmes et les enfants afin qu'ils ne deviennent pas l'objet d'un trafic.

Par ailleurs, en juin 2017 s'est ouvert au Cambodge le procès d'une infirmière australienne accusée d'avoir dirigé une clinique spécialisée dans la GPA.

Panique

L’interdiction subite de la GPA a provoqué un vent de panique chez les mères porteuses qui étaient enceintes au moment de la mesure. Panique aussi chez les parents qui ne savent pas s'ils pourront faire sortir les bébés du pays. En tout cas, cela prendra du temps car il faudra passer devant un tribunal.

La GPA commerciale existe toujours

Aujourd’hui, le commerce des bébés ne s’est pourtant pas arrêté car des Cambodgiennes très pauvres sont appâtée par les offres des agents qui travaillent pour des parents en demande. Elles peuvent toucher 10 000 dollars pour devenir mère porteuse alors qu'elles ne gagnent que 200 dollars par mois à travailler en usine.

Forcément, c'est tentant pour ces jeunes femmes habitant souvent dans des villages qui n'ont même pas d'électricité. Avec l'argent de la GPA, elles espèrent souvent acheter une maison pour leur famille, ou quelques fois juste payer leurs dettes.

.
. (MANSI THAPLIYAL / X02790)