28 000 dollars une place de concert pour Taylor Swift : quand les "grinch bots" attaquent, les prix s'envolent à Noël

écouter (3min)

La période des fêtes arrive et avec elle, les "Grinch Bots", ces logiciels qui se font passer pour des humains et achètent à tout va et très vite sur les sites de commerce en ligne pour les revendre ensuite à prix d’or.

Article rédigé par
Loïc Pialat, édité par Ariane Schwab - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La chanteuse Taylor Swift en concert à Nasville dans le Tenessee le 20 septembre 2022 (TERRY WYATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le phénomène existe depuis des années et tend à s’amplifier pendant les fêtes : les "Grinch Bots", ces logiciels qui pillent les bonnes affaires sur le web en vue de les revendre, se multiplient en effet à Noël. Ils ont été baptisés ainsi en référence au "Grinch" de l’auteur américain Docteur Seuss, cette créature verte qui déteste Noël.

Imperva, une société spécialisée dans la cybersécurité, estime que les attaques de bots sur les sites de commerce en ligne ont augmenté l’an dernier de 10% en octobre et de 34% en novembre. 40% des visiteurs sur ces sites seraient des bots. C’est énorme.

Voyage, spectacle, commerce… Tous les secteurs sont touchés

Et les bots s'en prennent à tous les secteurs, l’industrie du voyage en particulier avec la réservation de chambres d’hôtel qui peut créer de la pénurie. Mais le magazine Fast Company cite aussi le scandale autour de la tournée de la chanteuse Taylor Swift, ultra populaire ici. Il y a quelques jours, le distributeur officiel Ticketmaster a mis en place une prévente de billets mais son site a apparemment été pris d’assaut par des bots. Résultat, quand les fans ont voulu acheter des billets au prix de base, des sites de revente en proposaient déjà mais à 28 000 dollars l’unité ! Ticketmaster a été obligé de suspendre la vente.  

Pam Murphy, la patronne d’Imperva, précise que les clients ne sont pas les seules victimes. Quand un produit est mis en vente et que les clients, qui ont fait ce qu’il fallait pour se trouver parmi les premiers acheteurs, ne trouvent rien, ils s’agacent et la réputation du site de vente en pâtit. Autre exemple : un bot va acheter une console pour la revendre mais il ne va pas forcément acheter une manette ou un jeu ou un autre accessoire, ce que ferait un client normal donc le vendeur y perd. 

Aucune solution légale

Légalement, aucune solution n’existe pour pallier le problème. Aux États-Unis, ni le Sénat, ni la chambre des représentants, jamais trop en avance sur leur temps pour tout ce qui concerne le numérique, n’ont voté de texte de loi capable d’endiguer le phénomène. Les sites menacés peuvent faire appel à des spécialistes de cybersécurité qui vont surveiller le trafic et repérer les activités étranges, comme une hausse subite des visites d’un endroit géographique inhabituel. Mais ça peut représenter un coût significatif pour ces sites.

En ce qui concerne les clients, Fast Company suggère de résister simplement à l’envie d’acheter un produit s’il est trop cher sur un site de revente parce que c’est le meilleur moyen d’entretenir le système. Autre conseil : privilégier les sites qui demandent si vous êtes bien un être humain, vous savez quand vous devez cliquer sur les images montrant un feu de circulation ou des passages piéton par exemple. C’est généralement une preuve que ces sites prennent la cybersécurité au sérieux. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.