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Portraits de femmes

Dans "Politique qualité", Sébastien Vassant brosse le portrait de cinq ouvrières brestoises. Dans "l'Aile Brisée", le scénariste Antonio Altarriba rend un bouleversant hommage à sa mère.

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(© Sébastien Vassant, Futuropolis / Kim, Denoël Graphic)

Des ouvrières se mettent en scène

Elles s’appellent Yvonne, Martine, Arlette, Jeannine, Hélène. Elles furent ouvrières à l’usine Jabil de Brest. Laquelle commença par s’appeler Ericsson, nous étions en 1971, puis Thomson et Alcatel. L’usine compta jusqu’à un millier de salariés, puis de moins en moins, et finit par fermer définitivement ses portes en septembre dernier. 45 ans de vie d’atelier, de travail et de lutte syndicale à travers le regard de ces femmes qui se racontent côté cour, soudeuse, câbleuse, bobineuse, et côté jardin, violoncelle et famille.

Ce fut d’abord un spectacle de théâtre militant et itinérant. Avant de devenir une bande dessinée qui reprend le titre de la pièce : Politique qualité . La BD entremêle les souvenirs professionnels, l’expérience théâtrale, la vie intime et le dialogue des unes et des autres. Les autres, ce sont cinq jeunes femmes qui, sur scène, donnent la réplique à leurs ainées.

Sébastien Vassant, Politique qualité  aux éditions Futuropolis.

Au nom de la mère

L’aile brisée est un autre portrait de femme. Le scénariste espagnol Antonio Altarriba y reconstitue le puzzle de la vie de sa mère. Au moment où celle-ci se meurt en 1998, Altarriba réalise qu’il a ignoré jusqu’à ses dernières heures qu’elle souffrait d’un bras atrophié, une infirmité à l’origine tragique. Elle le lui racontera très simplement : "ma mère est morte en couches. Et comme mon père était très amoureux d’elle, il a voulu me tuer ."

Suivra une destinée de femme simple et courageuse, de la campagne à la ville, sous le poids d’une église qui régente le quotidien et d’un machisme qui impose sa loi, dans un pays sous la botte armée. La catastrophe familiale rejoint celle de l’Espagne franquiste.

Le récit intimiste se fait fresque nationale. Avec le dessinateur Kim qui avait déjà mis en images l’Art de voler , sur le parcours du père, Antonio Altarriba, universitaire, écrivain et scénariste de premier plan finit de payer sa dette à ses parents dans un roman graphique bouleversant.

L’aile brisée, chez Denoël Graphic.

(© Sébastien Vassant, Futuropolis / Kim, Denoël Graphic)