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Noir et blanc: le chic BD pour finir l'année

La BD finit 2014 sobrement habillée de noir et blanc... avec une touche de rouge, quelques nuances or et des aplats jaunes.

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Copié dans le presse-papier !
(© Keko, Denoël Graphic / Andrea Settimo, Sarbacane / Bertrand Gatignol, Soleil)

 De la BD Noir et blanc avec une goutte de vermillon pour « Moi, assassin » qui décroche le Grand Prix de la Critique 2015 décerné par L’ACBD, l’association des journalistes spécialisés. Cette histoire d’universitaire tueur, esthète de la cruauté, est un polar urbain amoral, le portrait de l’Espagne contemporaine confrontée notamment à la question basque. Le scénariste Antonio Altarriba, 62 ans, est aussi professeur de littérature française, essayiste, romancier et critique de bande dessinée. Il est ici associé au dessinateur Keko. « Moi, assassin » est édité chez Denoël Graphic.

De la BD noir et blanc, avec quelques nuances dorées d’une rare élégance. La surprise de cette fin d’année a pour titre « Petit ».  Mes aïeux, cette histoire d’ogres, rongés par la soif du pouvoir, prêts à s’entredévorer pour le garder ou le conquérir, et qui règlent leur conte (sic) en famille, est savoureuse! Le dessin de Bertrand Gatignol, plus familier du livre jeunesse, est une révélation dans le registre bande dessinée. « Les Ogres-Dieux : Petit », sous le label Métamorphose.

L'intégralité de l'interview du scénariste Hubert:

Petit, une parabole du totalitarisme
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Séance de rattrapage pour l’une des meilleurs BD de 2014 passée trop inaperçue. En noir et jaune, tout en hachures, elle nous raconte les immigrés italo-américains qui, dans le New-York des années 1920, fluctuaient entre la pègre et l’anarchisme. Deux jeunes italiens, Lorenzo Palloni et Andrea Settimo, signent ce sombre roman politique et social d’honneur et de vengeance : « The Corner » aux éditions Sarbacane.

(info manga 635)

Mention spéciale aux éditions Fei dont les publications montent que la bande dessinée asiatique n’est pas uniquement du manga et que ses récits sont de multiples formes. Pour preuve, ces trois coffrets : le coffret luxe des aventures du Juge Bao , Voyage vers l'ouest et Les trois royaumes . La quintessence de ce que propose l’éditrice Feï pour faire aimer la Chine au Français.

Coffret luxe Juge Bao , de Nie Chongrui et Patrick Marty

(© éditions Fei)

A l’occasion de la sortie du sixième tome du Juge Bao, les éditions Fei publient un coffret de luxe, réunissant les trois derniers tomes de la série, tout comme elles l’avaient fait pour les trois premiers. Une version spéciale, agrandie sur un très beau papier, et recouvert de véritable cotonnade marquée à chaud.

 

En Chine, sous la dynastie des Song du Nord, pour lutter contre une corruption grandissante, l’Empereur Ren Zong donne les pleins pouvoirs à un juge dont la réputation s’étend jusqu’aux confins de l’Empire : le juge Bao (999-1072). Dans le tome 6, Le juge Bao et l’impératrice oubliée , la mission de lutte contre la corruption s’achève pour le haut magistrat et sa troupe qui rentre à la capitale de l’empire. Mais ce retour va se révéler extrêmement périlleux pour Bao. Il est en passe de révéler un complot inimaginable dont les fondements reposent sur un immonde secret d’Etat. Mais face à ses nombreux et puissants ennemis, parviendra-t-il a sauver sa tête, celles de ses amis et de sa famille ?

 

Voyage vers l'ouest , d’après l’œuvre de Wu Cheng’en, traduction de Nicolas Henry et Si Mo

(© éditions Fei)

Voyage vers l’Ouest est un des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise adapté en lianhuanhua (bande dessinée chinoise traditionnelle), parfois appelé le Singe Pèlerin ou les Pérégrinations vers l’Ouest. Construit sur le style du conte, l’ouvrage nous fait suivre les aventures du moine Tripitaka, choisi par le Bouddha pour partir en quête du Canon des Trois Corbeilles (à l’origine du mouvement Zen) et permettre à la sagesse du bouddhisme de s’étendre sur toute la Chine. Pour cela, il sera aidé par trois étranges parias, tous rejetés du Ciel pour avoir commis une faute grave à qui il a été accordé une chance de rédemption : le cochon Zhu Bajie, le moine des sables Shaseng et l’indomptable roi-singe Sun Wukong.

 

Le héros à la queue de singe, accompagné par un cochon, rappellera à beaucoup la série Dragon Ball . Cela ne doit rien au hasard car Akira Toriyama, l’auteur de Dragon Ball , s’est inspiré du Voyage vers l’ouest comme trame de son manga à grand succès. Ce magnifique coffret, qui se compose de 36 livrets totalisant 2.879 pages d’histoires, aura sa place dans la bibliothèque de tous sinophile et de tous bédéphiles.

Les trois royaumes , par Luo Guanzhong

(© éditions Fei)
 

Les trois Royaumes s’inspire d’une période de l’histoire chinoise, située entre la fin de la dynastie Han (184) et le début de l’unification de la Chine par les Jin (265). Les frontières de l’Empire de la dynastie Han, en plein déclin, volèrent en éclats sous les coups de boutoir des seigneurs de la guerre. Trois puissances émergèrent parmi les dissidents : les royaumes des Wei, des Shu et des Wu, qui ne cessèrent de se combattre, redoublant de cruauté, de génie militaire et de finesses tactiques afin de redessiner les frontières d’un nouvel empire dont chacun voulut être le maître.

 

Les éditions Fei nous propose de revivre un moment de l'histoire chinoise avec ce superbe coffret toilé (marquage argent au fer) se compose de 30 lianhuanhua, d’un livret de présentation et d’une carte de la Chine ancienne de 220 à 265.

(© Keko, Denoël Graphic / Andrea Settimo, Sarbacane / Bertrand Gatignol, Soleil)