Le crime d'une époque

Le journaliste Benoît Collombat mène l'enquête sur l'assassinat, toujours impuni, de Dulcie September. La représentante en France de l'ANC, le mouvement de Nelson Mandela, a été tuée à Paris, en 1988.
Article rédigé par Jean-Christophe Ogier
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Dulcie, La France et l'apartheid (GREGORY MARDON, FUTUROPOLIS)

Le 29 mars 1988, à Paris, dans le 10e arrondissement, rue des Petites écuries, sur le palier de son bureau, Lucie September, représentante de l’ANC en France, est tuée de cinq balles de pistolet, en pleine tête. Le ou les assassins ne seront jamais identifiés.

Une enquête au long cours

Cela fait plusieurs années que Benoît Collombat, journaliste à la Cellule investigation de Radio France, mène l’enquête sur ce meurtre. Ce travail lui a permis de dessiner le paysage géopolitique de la fin des années 1980, quand l’Afrique du Sud vivait encore sous la chape de plomb du régime de l’apartheid et que, pour encore deux ans, Nelson Mandela était le plus vieux prisonnier politique du monde.

En 1988, l’Occident et l’URSS s’opposent dans ce qu’on a appelé la guerre froide. Et malgré l’embargo sur les armes, imposé à Pretoria, la France soutient toujours l’Afrique du Sud.

"Ce soutien vient de loin. En pleine guerre froide, l’Afrique du sud est vue comme un poste avancé de la défense des valeurs occidentales. Et on fait du business. On vend des armes et des transferts de technologie, y compris en matière nucléaire. Cette collaboration très poussée ne va jamais s’arrêter."

Le journaliste Benoît Collombat

à franceinfo

La France de 1988, c’est la cohabitation

Cohabitation entre le socialiste François Mitterrand, président de la République et Jacques Chirac, patron du RPR et Premier ministre. Autant de coups bas et d’intérêts croisés à prendre en compte dans cette affaire. Enfin, du Cap à Paris, cette enquête de près de 300 pages, dessinée par Gregory Mardon, raconte aussi une femme et son combat.

"Métisse, institutrice, ayant fait cinq ans de prison, Lucie September était une combattante aux convictions très ancrées. Il fallait l’éliminer parce qu’elle était trop dérangeante."

Le journaliste Benoît Collombat

à franceinfo

Dulcie, aux éditions Futuropolis. 

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