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Goscinny, 30 ans déjà, et toujours là!

le père tutélaire de la Bande dessinée contemporaine continue de marquer de son empreinte la société française tout entière. A ne pas manquer, la biographie définitive que lui consacre Pascal Ory.

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Il y a 30 ans disparaissait René Goscinny. Le dire ainsi est idiot puisque l’écrivain et scénariste de bande dessinée, comme il est précisé sur la plaque de la rue qui porte son nom dans le 13ème arrondissement de Paris, est toujours aussi présent que lorsqu’il préparait « Astérix chez les Belges », l’aventure du petit Gaulois sur laquelle il travaillait lorsque la mort le faucha le 5 novembre 1977.
Si l’importance d’un auteur populaire se mesure en chiffres, il convient de rappeler que Goscinny, c’est cinq cent millions de livres et d’albums vendus à ce jour, traduits dans plus de cent trente langues et dialectes. La langue, Goscinny l’avait bien pendue, au point d’enrichir celle de ses compatriotes de formules reprises à l’envi : untel « veut devenir calife à la place du calife », tel autre « tire plus vite que son ombre », celui-ci cherche « la recette de la potion magique » quand celui-là « est tombé dedans quand il était petit ». Iznogoud, Lucky Luke, Astérix, mais aussi Le petit Nicolas, Les Dingodossiers, c’est lui, en duo avec Tabary, Morris, Uderzo et Gotlib, sans oublier le magazine Pilote, le journal qui s’amusait à réfléchir et qu’il dirigea, et le cinéma, du scénario du « Viager » pour Pierre Tchernia à « Astérix et Obélix. Mission Cléopâtre » d’Alain Chabat qui, se revendiquant fils spirituel du spirituel raconteur d’histoires, a réussi à commettre le film désormais le plus vu de l’histoire du cinéma français, quatorze millions et demi de spectateurs en salle.
Français, Goscinny le fut plus que tout autre, lui, le fils et petit fils d’immigré juif d’Europe centrale, grandi en Argentine, qui avait tenté l’aventure américaine à New-York, puis cherché à se faire une place au royaume du 9ème art, la Belgique, avant d’en devenir le grand manitou dans le pays qui l’avait vu naître, en 1926, à deux pas du Panthéon. Au grand homme, la patrie reconnaissante.
Pour marquer cet anniversaire, on recommande la lecture de la biographie que l’historien Pascal Ory publie aux éditions Perrin « Goscinny, La liberté d’en rire », une curiosité :la quinzaine de chroniques que Goscinny signa dans Pilote, l’Os à Moelle, le Figaro littéraire et Paris-Match, rassemblées et illustrés par quelques grands noms de la BD sous le titre « Du Panthéon à Buenos Aires » chez Imav éditions.
Enfin, le magazine Lire consacre un hors-série à Goscinny, …, en vente à partir de mercredi en partenariat avec France info.

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