Cet article date de plus d'un an.

Embarquons avec Simenon !

Pour le 120e anniversaire de la naissance de l'écrivain, José-Louis Bocquet et Christian Cailleaux adaptent "Le Passager du Polarlys" de Georges Simenon.
Article rédigé par Jean-Christophe Ogier
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un huis-clos sur l'eau. (CHRISTIAN CAILLEAUX, DARGAUD)

Tout le monde connaît Simenon pour Maigret, son commissaire massif et bonhomme, père tranquille et limier implacable. Ses 72 enquêtes ont été traduites dans le monde entier, ont donné lieu à 70 films, des heures et des heures de télévision, et des pièces de théâtre. On pourrait presque s’étonner qu’il y ait eu jusqu’à présent si peu de BD, pour mettre en scène l’univers du maître belge.

Un roman dur dans les brumes scandinaves

Pour marquer le 120e anniversaire de la naissance de son père, le fils de l’écrivain, John Simenon, a voulu une collection "Simenon en BD". Pour ouvrir le bal, pas de Maigret, mais le premier de ce que Simenon appelait ses "romans durs", tout simplement parce qu’ils étaient pour lui les plus durs à écrire.

Celui-ci a pour titre Le Passager du Polarlys. L’intrigue se situe en 1930. L’histoire commence à Paris, dans les milieux artistes et interlopes de Montparnasse. Très vite, nous voguons entre Hambourg et la Norvège. José-Louis Bocquet a adapté le scénario, et c’est Christian Cailleaux qui l’a mis en images. Cailleaux, grand spécialiste des récits maritimes pour lesquels il s’est souvent embarqué. Il s’en est souvenu pour dessiner le Polarlys.

"Je veux traduire l’odeur du métal et celle du mazout, faire sentir la masse énorme du navire malmené par les flots."

Le dessinateur Christian Cailleaux,

à franceinfo

Tout l’album est dessiné à la mine, au crayon, pour donner des effets de matière, des brumes et des eaux vaporeuses et mouvementées, pour plonger dans les cales sombres d’un bateau qui crache une épaisse fumée noire, sans oublier la coque, elle aussi d’un noir d’encre. Ajoutez à cela un jus de couleurs froides : Christian Cailleaux parvient à transcrire avec autant d’intensité les tourments intérieurs d’un capitaine droit, soucieux d’amener à bon port hommes et marchandises, et quelques marins et passagers dont la vraie personnalité va se dessiner au fil des pages. C’est aussi, évidemment, l’histoire d’une mystérieuse disparition.

Le passager du Polarlys, aux éditions Dargaud, premier titre d’une collection qui en comptera rapidement huit. Avec à chaque fois un dessinateur différent.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.