Patrimoine : après des vols, le British Museum veut mieux protéger sa collection permanente en la numérisant

Le British Museum en Angleterre a annoncé vouloir numériser la totalité de sa collection permanente. Suite à un scandale de vols survenu en août, le musée veut ainsi protéger plus de huit millions de pièces. Le projet va s’étaler sur cinq ou six ans.
Article rédigé par franceinfo - Anicet Mbida
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Détail d'un marbre du Parthénon, une collection connue sous le nom de marbres d'Elgin, au British Museum de Londres. (LI YING / XINHUA)

L’innovation va peut-être permettre aux musées de trouver une solution contre les vols et les dégradations, en numérisant l’ensemble des œuvres et présentant des copies au public.

Au mois d’août 2023, le British Museum en Angleterre s’était rendu compte de la disparition de milliers de bijoux et de pierres précieuses. Il ne s'agissait pas des pièces exposées, mais des collections destinées aux chercheurs. L’affaire a fait grand bruit en Angleterre parce que certaines pièces n’avaient pas été cataloguées. Elles ont donc pu être facilement volées par des employés pendant plusieurs années.

Mieux cataloguer sa collection

En numérisant l’ensemble des pièces, le musée pourra évaluer plus précisément ses possessions et rendre sa collection accessible au plus grand nombre sur internet. Cela permettra également de sonner l'alarme lorsqu’une des pièces se retrouve chez un receleur ou chez un vendeur d’art.

Quant aux pièces exposées au public qui pourraient être vandalisées, comme on l’a vu lors des actions de militants écologistes récemment, un scan en 3D, très précis, sera utilisé pour créer des copies plus vraies que nature.

Des robots sculpteurs

Des robots sont aujourd'hui capables de sculpter la pierre et dupliquer n’importe quelle œuvre à l’identique. Ils ont déjà servi à reproduire les vestiges de plusieurs temples en Syrie qui avaient été détruits par le groupe État islamique. Ces temples heureusement avaient été scannés quelques années auparavant. L’équivalent pour la peinture existe aussi. De la même manière, une imprimante 3D permet de reproduire tous les microreliefs de la peinture et même les fissures qui se sont formées avec l’âge. La conservation des œuvres les plus fragiles peut ainsi se faire en sécurité et le musée n’exposera que des copies, faciles à reproduire.

Il y a déjà des musées qui exposent des copies à la place des originaux, mais à chaque fois, c’est bien précisé. Un des premiers, était le Rijksmuseum aux Pays-Bas, pour un tableau de Rembrandt, pour éviter le vandalisme.

Peut-être qu’un jour, à l'instar de la grotte de Lascaux, seules certaines personnes triées sur le volet pourront accéder aux œuvres originales. Les autres, elles, n’auront plus droit qu’à de très belles copies.

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